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samedi 01 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 17:30
Ce samedi apres-midi, juste pour le plaisir de conduire et de pouvoir rajouter une capitale a ma page idoine, C2 et moi roulons jusqu'a Concord, la capitale du New Hampshire, soixante-dix petits miles vers le nord. Nous arrivons la-bas en toute fin d'apres-midi, un samedi, les alentours du capitole sont donc deserts.

 
New Hampshire State House


 
hop !



 
l'inevitable photo des deux cloches. Je devrais creer une nouvelle page rien que pour ca
(note : oui oui je l'ai faite tinter !)



Vous vous demandez sans doute quelle va etre la fameuse caracteristique "le plus" ou "la plus" de ce capitole ? Eh bien, c'est le capitole le plus ancien dans lequel les deux chambres legislatives siegent encore dans leurs salles d'origine, comme l'indique la gravure suivante.

 
honorons un capitole qui ne soit pas parti au moins une fois en fumee dans son existence



Devant le capitole, on croise les habituels ecureuils, ainsi qu'une manifestation originale, le "2008 New Hampshire Bible Reading Marathon". Ca me laisse reveur, surtout qu'il fait plutot froid.

 
les lecteurs acharnés de la bible


 
un ecureuil flou



Pour aborder brievement la chose politique, mentionnons dans cet article que le New Hampshire a la fierte d'etre, tous les quatre ans, le premier etat des US a organiser les elections primaires, ces elections ou les deux principaux partis americains, Democrate et Republicain, cherchent a designer le candidat qui les representera a l'election presidentielle.




 
le panneau explicatif correspondant...


 
...devant la State Library



Comme on est au rayon politique, voici deux autres photos liees aux elections.

 
un pannonceau anti-republicain ("cette recession vous a ete apportee par le parti republicain")


 
le bureau de campagne/soutien a Obama a Concord, New Hampshire



Pour clore ce chapitre politique, je tiens a declarer publiquement que oui, je m'etais trompé. Je ne pensais pas les Etats-Unis capables d'elire un president afro-americain. Je suis cependant (meme si on ne me demande pas mon avis) pleinement satisfait par le resultat des elections presidentielles americaines cette annee.
Avant de quitter la capitale du New Hampshire, bien froide alors que la nuit tombe en ce premier novembre, je remarque un pavé insolite sur le trottoir devant le capitole : une "capsule temporelle".


 
a ouvrir en 2015


 
Good night and good bye New Hampshire !

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Publié par ZPP - dans ailleurs
dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 15:00
article precedent 4/5

Apres notre visite des bas quartiers d'Omaha, direction le Strategic Air & Space Museum, un musee sur l'aviation militaire americaine a une trentaine de miles au sud d'Omaha, judicieusement placé a proximite de l'interstate 80, juste apres avoir traverse la riviere Platte. Le billet d'entree a un prix modere, $7 par adulte.
Des le parking le ton est donne : ca va etre du pan-pan boum-boum. Deux missiles nucleaires (neutralises, on l'espere), toisent les voitures en stationnement du haut de leurs vingt metres.

 
sur le parking du musee



Dans le hall d'entree du musee trone un SR-71, le fameux avion le plus rapide du monde (officiellement, car on ne sait pas ce que les militaires trament en secret) avec une vitesse de croisiere de Mach 3.

 
tout ca pour aller prendre des photos chez les russes et chez les chinois



Quelques details interessants sur cette bete rare : la temperature du fuselage atteignant plusieurs centaines de degres en vol, celui-ci est concu pour avoir ses dimensions 'nominales' a vitesse elevee, donc au sol, en l'absence de dilatation, le fuselage est comme un crane de bebe : pas jointif. Du coup les reservoirs de carburant fuient au sol, et l'avion doit etre ravitaille une fois en vol avant d'entamer sa mission. D'autre part sa vitesse lui autorise, en cas de prise en chasse par un mechant missile ennemi, a se permettre le luxe de lui echapper... tout simplement en accelerant.
Le musee est constitue de deux grands hangars, remplis d'avions divers et varies, mais tous militaires, of course.

 
le hangar A, passablement encombré


Pour ceux qui sont interesses pour voir, de tres pres, des avions militaires, ce musee est un excellent choix. Par contre on reste un peu sur sa faim pour ce qui est des details techniques (mais apres tout les militaires aiment bien garder leur secret, meme apres plusieurs decennies), et pour ce qui est du cote historique, 'recadrage dans le contexte', je suis reparti avec plus de questions qu'en arrivant. Disons qu'evidemment, je me plains en bon intellectuel raleur francais que je suis. J'aurais pu me contenter des panneaux a cote de chaque avion, qui tentent tous, par des manoeuvres plus ou moins demagogiques, de toujours faire apparaitre les termes "le plus quelque chose, le plus ceci, le plus cela" dans leur descriptif.
Mais ne chipotons pas, et j'admets que je ne me suis pas ennuye pendant les quelques heures passees a fureter parmi toutes ces carlingues. Voici une selection de photos prises par T. et moi dans le musee.

 
un train d'atterrissage de SR-71, dont les pneus sont gonfles a l'azote (nitrogen en anglais) pour eviter une combustion en vol


 
dans la soute d'un bombardier (suis-je une tete nucleaire ?), un B-52 ?


 
sous l'aile protectrice du bombardier B-52, un octo-reacteur (non, pas de version civil !)


 
le nez du fameux B-52


 
une replique de cabine de pilotage d'un B-52



Sur la photo ci-dessus, vous pouvez constater le nombre d'indicateurs sur la face avant de la cabine de pilotage, sachant qu'il y en a autant sur les deux cotes, ainsi qu'au plafond. Mais, apres avoir regarde de pres tous ces petits bidules, je vous affirme que c'est juste de l'esbrouffe. En effet chaque reacteur (et il y en a huit sur un B-52 !) dispose de ses controles. C'est un peu comme si vous aviez une pedale d'accelerateur pour chacun des quatre cylindres dans votre moteur de voiture... bon j'exagere un peu, mais j'ai compris avec cette replique que le cote 'tournis' d'une cabine de pilotage d'avion tient aussi au fait que chaque reacteur, chaque aile, chaque reservoir, a ses propres petits controles. Par contre il n'y a qu'un seul altimetre. J'en aurais bien vu huit aussi : un pour le pilote, un pour le train d'atterrissage, un pour la bombe dans la soute, deux pour les reservoirs, etc etc, ha ha ha !


 
sous l'aile d'un B-36 "Peacemaker"



Ca ne se voit pas bien sur la photo ci-dessus, mais le B-36 est 'original', car c'est un avion doté de six moteurs a helice (chacun etant un moteur de 28 cylindres et 71 litres de cylindrée pour plus de 3000 chevaux que j'aimerais bien voir dans ma Ford Explorer) montés en propulsion (= l'helice a l'arriere des ailes) et non en traction, et muni de quatre reacteurs additionnels (??). Niveau consommation de carburant, au moins on est sur d'atteindre des sommets. L'autonomie de cette chose etant cependant excellente d'apres mon ami wikipedia (> 12000 km, >24h de vol).
Cependant en raison de son envergure et de sa lenteur (relative), ce bombardier etait une cible facile et plusieurs tentatives furent effectuees pour l'equiper d'une protection valable, dont des mini-chasseurs au look et au nom rigolos, les XF-85 Goblin, sans succes.

 
un "goblin". Ce machin vole !



Tout ceci se trouve dans le Hangar A. Le Hangar B est un peu plus degarni, et d'autres avions encore en restauration ne sont pas visibles de pres (dont un modele de bombardier B-29, le meme modele que le tristement celebre Enola Gay).

 
un bombardier B-1


Comme vous pouvez le constater, le B-1 est un quadri-reacteur, plus gros qu'un Airbus 320, mais plutot que d'emporter deux cents passagers dans une quete frenetique de pollution de l'atmosphere en brulant des hydrocarbures, les militaires preferent y entasser seulement quatre bonshommes et soixante tonnes de bombes, nucleaires au besoin. A chaque fois que je pense a ces bombes nucleaires, a l'Enola Gay, a Hiroshima & Nagasaki, j'ai le vertige. Pas vous ?
Apres ces sombres pensees, nous quittons le musee et reprenons la route vers Omaha. Un petit stop chez Subway pour manger un sandwich puis nous retournons a l'aeroport et rendons la voiture. Bilan du week-end : a peine 217 miles (349 km) parcourus, mais ca n'etait pas le but non plus... Malgre le pessimisme de T. notre retour se passe bien et nous attrapons sans probleme notre correspondance a Detroit. Et voila, c'est tout pour ce flash-trip !


 
bye bye Nebraska


 
le passage souterrain entre les terminaux a l'aeroport de Detroit

 



tout reprendre depuis le debut : article 1/5

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Publié par ZPP - dans week-end au Nebraska
dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 11:00

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Publié par ZPP - dans week-end au Nebraska
dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 10:00
article precedent 2/5


Dimanche matin, neuf heures. Pendant que je ronfle encore comme une turbine de SR-71, T part faire quelques photos.

 
Omaha de jour


 
ah, il y a de la vie et de la nature


 
ici aussi c'est l'automne


 
Old Market de jour, avec les citrouilles pour Halloween


 
une bagnole bien pourrie


 
Howard St et South 11th St, c'est l'intersection a retenir si vous allez a Omaha



A dix heures je me leve a contrecoeur et nous quittons l'hotel Magnolia d'Omaha. Je crois que c'est un hotel qu'on peut conseiller.

 
notre hotel a Omaha



Pour le brunch, T a fait des recherches sur Internet pour, selon ses dires, "trouver un endroit bien typique et bien pourri". Vu l'endroit ou nous nous rendons finalement, c'est reussi ! Le pourri est sans doute exagere car le service est tout a fait acceptable, mais c'est typiquement americain. Ils appellent ca un "diner", le notre portant le nom d'Hollywood diner'. C'est un restaurant tout en long, par exemple dans une imitation de wagon, avec la deco correspondant au nom, et on s'assied a des tables de quatre avec des banquettes pour deux de chaque cote de chaque table, le tout rangé en long sur un cote du restau. Chaque table forme ce qu'ils appellent une 'booth', qui veut dire 'cabine' en anglais, ou 'box' en americain. Comme dans tout bon restaurant americain, le cafe se boit au litre, et T est en extase devant le sien.


 
Hollywood Dinner, sur toute sa longueur. En largeur c'est a peine deux fois ce que vous voyez sur la photo


 
en pleine hesitation : que manger ? Oeufs ? Bacon ? Toasts ? Tout !



Notre restau s'appelle Hollywood diner, la deco appropriee consiste donc en un tas d'affiches de films, de preference des vieux films (annees 70, 60, 50 et bien avant) car un diner, ca doit avant tout etre retro. Celui-ci propose meme une blague ultime, puisqu'a cote de la porte des toilettes, ils ont mis une affiche d'un film avec... WC Fields ! Mais oui !


 
quelle bonne blague ! Au moins on connait le chemin des WC hi hi hi !



Apres nous etre solidement restaures, nous allons admirer une des particularites locales : un tracé de frontiere surprenant, comme on en trouve un peu partout aux US. Juste a l'est d'Omaha, la frontiere entre le Nebraska et l'Iowa est formée par le Missouri (la riviere, pas l'etat), sauf a l'endroit d'une toute petite enclave, où une bourgade de trois mille habitants et cinq kilometres carres, Carter Lake, se trouve du cote Nebraska (a l'ouest du Missouri), mais appartient a l'Iowa (normalement a l'est du Missouri). Comme a cet endroit passe aussi la route qui mene a l'aeroport (Abbott Drive), lorsque vous vous rendez a l'aeroport (dans le Nebraska) depuis Omaha (dans le Nebraska) vous voyez a un moment un panneau sur le bord de la route "Bienvenue dans l'Iowa", et six cents metres plus loin, vous etes a nouveau dans le Nebraska.
D'ailleurs, strictement parlant, notre restau se trouve sur Abbott Drive dans l'Iowa. Mais je ne vais quand meme pas rajouter cet etat a ma liste. Je rajouterai l'Iowa quand je serai allé dans sa capitale, Des Moines (l'occasion de decouvrir si il y a des moines a Des Moines, bien sur).


la confusion regne : on est dans l'Iowa ici ?


 
mais oui, et content d'y etre en plus !


Apres ces pitreries nous reprenons la voiture pour retourner en direction d'Omaha. J'ai besoin de prendre des photos de gratte-ciel avant de mettre le cap sur notre objectif de la journee (objet du dernier article de cette serie).

 
l'imposante skyline d'Omaha


 
un building avec des chambres a louer a la semaine dans un coin pourri d'Omaha



En trainant dans un quartier hasardeux, nous avons la chance de reperer une sorte de marché aux puces, ou les gens peuvent venir vendre des objets ou appareils dont ils veulent se 'debarrasser' (T pretend que ca n'est que de la marchandise volee), puis d'autres gens peuvent venir racheter ces trucs. Par exemple des teles... des CDs... des magnetoscopes... des appareils photos (volés, vous dites ?). Ah il y en a de la quincaillerie dans ce magasin, c'est sur. Mais oh ! Quel est ce rayon ? Des armes ! Un gigantesque rayon avec des armes : des armes de poing, des fusils de chasse, des fusils d'assaut. Oh mon dieu.
Comme nous nous approchons pour observer, un des gars du magasin vient nous demander si on a besoin de renseignements, et une conversation s'engage. Quinze minutes plus tard nous savons tout sur leur stock, mais je n'ai rien retenu, a part qu'ils ont des armes d'Allemagne, de France, de Russie... Et je ne vous parle pas d'armes neutralisees ou de collection. La plupart de ces armes sont en etat de fonctionnement, avec des munitions en vente au meme rayon.
Rappelons-nous qu'aux US le droit de porter une arme est inscrit dans la constitution, dont c'est le second amendement. Je vous ai dit que je voulais me renseigner pour obtenir ma license de port d'armes ? Il parait que ca n'est pas tres facile dans le Massachusetts.
En ressortant de cet arsenal j'attrape un depliant emis par le "US Department of Justice", intitulé "Youth Handgun Safety Act Notice" ('notice explicative sur la loi relative a la securite des armes de poing et a la jeunesse'). Ou l'on aprend, en preambule, tenez-vous bien, que :
(1) The misuse of handguns is a leading contributor to juvenile violence and fatalities
(1) La mauvaise utilisation d'armes de poing est une cause majeure de violence et de deces chez les jeunes
Effectivement, il fallait y penser. Combien d'etudes ont ete necessaires pour se rendre compte que donner des armes a feu a des mineurs, non decidement c'est une mauvaise idee ? D'autre part j'aurais tendance a dire que "la mauvaise utilisation d'armes est une cause majeure de violence et de deces". Point. Pour tout le monde. Mais je me comporte en vilain francais tout peureux. L'objet de cette loi (federale), toujours est-il, est d'interdire la vente, l'usage, ou meme le transport d'armes a feu aux moins de 18 ans. C'est deja ca.
Ca me rappelle cette loi interessante du New Hampshire, qui stipule que le port de la ceinture est obligatoire en voiture pour les moins de 18 ans. Les plus de 18 ans ont le droit inalienable dans cet etat de faire des vols planés a travers le pare-brise de leur pick-up. N'oublions pas que le motto du New Hampshire, c'est "Live free or die", "vivre libre ou mourir".
Nous continuons notre tour en voiture vers le centre-ville, ou pendant que je prends mes photos de gratte-ciel, T repere une voiture au message interessant.

 
Soldiers of Christ


Nous continuons notre chemin, en reprenant l'I-80 en direction de Lincoln, comme hier soir.


article suivant 4/5

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Publié par ZPP - dans week-end au Nebraska
samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 20:00
article precedent 1/5


Apres avoir admiré le capitole de Lincoln sous tous les angles, nous remontons dans la voiture, nous nous perdons dix minutes dans les rues de la capitale du Nebraska (en constatant qu'il n'y a decidement rien a y faire), puis nous reprenons la direction d'Omaha. Nous sommes impatients de commencer notre soiree. Car, il faut bien le dire, l'objectif de ce flash-trip, c'est de faire la tournee des bars dans un endroit reculé des US. Mais placons cela sous l'eclairage de l'ethnologue qui se mele a la population locale et qui en adopte les coutumes.

 
oh ! Encore des rangees de wagons !


 
interessant hein ?


Nous nous arretons dans un coin paumé pour essayer de capturer le soleil couchant.

 
dans l'inquietante campagne du Nebraska


Mon dieu ! Qu'apercois-je au loin ? Ne serait-ce point une grange hantée ?

 
Brrrr...
 
ah oui c'est ca qui nous interessait... le soir tombe, donc.

 



Apres avoir couru pour echapper aux griffes et aux crocs d'une armee d'epouvantails revenus de l'enfer pour nous decouper en tranche dans leur grange hantee, nous nous refugions dans la Dodge Caliber (calibre, qui n'en doutons pas, a mis en fuite les epouvantails-revenants) et parcourons les derniers miles jusqu'a Omaha. Notre hotel est cense etre a proximite du quartier vivant d'Omaha, mais les rues sont calmes... calmes... calmes... apres une bonne dispute avec T sur où stationner, la voiture est garee dans la rue devant un parcmetre, inactif jusqu'au lundi matin.
Premiere constatation : les tarifs paraissent moins cher qu'a Boston (ou New York). Notre chambre, dans cet hotel qui semble etre un des hotels presentant le mieux d'Omaha, est a $89 la nuit. On est loin des $300 reclames par ces vilains hoteliers a New York pour une nuit. Nous manquons aussi nous etrangler en prenant une biere au bar de l'hotel, pour seulement $3. A Boston il faudrait plutot compter... disons $5 ou $6. Bien, tres bien, Omaha.
Nous quittons l'hotel, inquiets de voir les rues desertes. Nous marchons en direction du 'quartier vivant' d'Omaha, repéré a l'avance sur wikipedia (mais si, ce quartier a son article).
 

les quelques gratte-ciel d'Omaha de nuit



 
non, je ne suis pas sur un parking, mais a l'intersection de deux grosses avenues


Bon pour l'instant Omaha, Nebraska, ca ne pulse pas trop le samedi soir.
Et puis nous finissons par mettre la main sur ce fameux quartier. Alors, qu'est-ce que c'est Old Market, en verite ? Eh bien c'est Howard Street, sur trois blocs, de South 13th St a South 10th Street. Voila. Le quartier qui bouge a Omaha, c'est 300 metres sur une avenue. Qu'est-ce qu'il y a en dehors ? Rien. Des parkings deserts. Des rues vides et pas eclairees. Des batiments sombres. Et personne.
Mais ne nous plaignons pas, nous avons trouve de la vie.

 
"l'entree" de Old Market, côté ouest


 
leur grande fierte a Old Market : les rues ont gardé leurs pavés



 
a l'intersection principale dans Old Market. Il y a un groupe de jeunes avec des guitares. Bien bien...


Ce qui manque sur la photo ci-dessus, c'est qu'a l'angle du carrefour oppose au groupe de jeunes, il y a une voiture de police en faction :-) Enfin j'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup d'insecurite dans le coin quand meme.

 
ah ! Meme dans le Nebraska, la petite French touch qui va bien !



Avant de commencer notre tournee des bars, nous allons nous restaurer. Que manger a Omaha ? Un steak bien sur ! Et pourquoi ? Comment ca, vous ne connaissez pas la marque Omaha Steaks ? Direction donc le Upstream, un restau bien chic bien cher dans le Old Market, pour manger un Omaha Steak. Verdict : tres bon, certes, mais un peu overpriced quand meme. $34 pour manger un bout de viande, dans le Nebraska, faut vraiment nous prendre pour des touristes. Bon, ok, on est des touristes.
Note : ce restau est aussi un brasseur, et ils y proposent une biere qui s'appelle ESB. Pour un restau qui sert des steaks c'est une blague n'est-ce pas ? Non... dans leur cas ESB signifie Extra Special Bitter (bitter = amer en anglais), et non pas encephalopathie spongiforme bovine. Dans le meme ordre d'idee, ca me rappelle cette fabuleuse voiture, moche au possible, que l'on croise parfois sur les autoroutes americaines, et nommee sans complexe 'SS'. Pas de Schutzstaffel ici, mais le modele "Super Sport" de la Chevrolet Impala.
Apres le steak nous passons aux choses serieuses et nous allons nous meler a la population locale, en arpentant un certain nombre de bars sur Howard St. L'ambiance est assez differente des bars de Boston, Cambridge, Somerville. Moins 'sophistiquee' on va dire. Les filles sont tout autant maquillees que dans la banlieue de Boston, mais ressemblent beaucoup moins a des mannequins en perdition. La tendance chez les hommes et a la macaquisation, ou gorillisation. Courts sur pattes, casquettes a l'envers sur la tete, biceps gonfles a la muscu et aux hormones, ils se deplacent dans les bars en plastronnant de leurs imposants pectoraux, et s'interpellent bruyamment avec leur accent "grosse patate dans la bouche" en discutant les resultats du basket-ball ou en faisant des blagues. Il va etre difficile pour T et moi de nous fondre dans la masse : nous sommes grands, fluets, et avons vaguement l'air d'intellectuels (j'ai bien ma casquette du Kentucky sur le crane mais mes cheveux bouclés me donnent un air de clown).
Apres deux tentatives ratees, T propose d'essayer les bars qui se trouvent au sous-sol : l'entree ne donne pas sur la rue, mais il faut descendre un escalier (a l'exterieur) pour y arriver. Soit. Nous atterrissons ainsi par hasard dans un bar a connotation 'irlandaise', avec le decor qui va bien, et le groupe de musique qui va bien. Ca sera la touche de sensibilite de la soiree. Ils sont cinq sur scene, dont trois nanas, au clavier & chant, au violon, et a la basse.
Mais le Nebraska n'est jamais tres loin, et lorsque nous rentrons dans le bar, une jeune femme se rue sur nous en braillant et en postillonnant, la pauvre sans doute a cause de son appareil dentaire. Motif : enterrement de vie de jeune fille, idees stupides, l'alcool aidant, je me retrouve poursuivi par cette nana qui braille "French guy, come baaaack, and gimme your boxer !" (hey toi le francais, reviens et file-moi ton calecon). Vous en conviendrez avec moi, c'est la classe.

 
un bar irlandais dans le Nebraska


 
au comptoir du meme bar



Une autre tentative dans un autre bar (toujours au sous-sol) beaucoup plus minable est un echec. Personne ne nous parle, a part la serveuse qui engage la conversation puis se fait reprimander parce qu'elle perd son temps avec nous, et quinze minutes apres notre arrivee, le vide s'est forme autour de nous, comme si les locaux avaient senti qu'il ne faut pas s'approcher de nous. Deception...
Nous rentrons a l'hotel dormir du sommeil du juste, apres ces decouvertes palpitantes, non sans au prealable passer un petit coup de fil a Londres.

 
T. me surprend dans une cabine telephonique



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Publié par ZPP - dans week-end au Nebraska
samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 09:00
Samedi matin. Me voila en route pour une nouvelle aventure plus ou moins stupide : un flash-trip pour le Nebraska ! Le Nebraska, c'est quoi ? Eh bien non, ca n'est pas l'Alaska. C'est un etat bien au centre des Etats-Unis, loin des cotes, loin du sud, loin de tout. Si je vous dis que parmi ses voisins on trouve le Wyoming, le South Dakota, l'Iowa, cela ressemble a l'Amerique profonde.
A onze heures du matin, T. (le guitariste de mon 'groupe' :-)) et moi sommes a Logan Airport en train d'attendre notre avion. Nous allons passer moins de vingt-quatre heures sur place, et malgre cela le trajet pour Omaha, Nebraska dure cinq heures, avec deux vols de deux heures (correspondance a Detroit).

 
notre Airbus A320 aux couleurs de Northwest Airlines


 
je suis super content d'aller dans le Nebraska, ha ha ha!



Deux caracteristiques a noter en ce qui concerne T. : il a aussi sale caractere que moi, le week-end s'annonce donc orageux. Et c'est un mitrailleur fou, d'autant plus qu'il a un nouvel appareil photo. Ce qui nous arrange puisque ca m'evite d'avoir a prendre les photos moi-meme, et je lui en ai piquées pour vous les montrer.

Six heures plus tard, nous voila sur le sol nebraskais. Il fait froid, mais le ciel est clair. Nous nous entassons dans une voiture de loc', et en avant ! Pas de grandes folies routieres cependant ce week-end. Notre etape la plus longue est celle qui va nous emmener d'Omaha, la plus grande ville du Nebraska (800 000 habitants), a Lincoln, la capitale d'etat, une petite bourgade fade de 300 000 habitants (a noter que d'apres wikipedia l'etat compte au total 1,77 millions d'habitants).
En route en tout cas pour Lincoln, a 60 miles au sud-ouest d'Omaha. Vous pouvez suivre le trajet d'une heure sur cette carte de notre nouvel ami google.maps. Cette carte devrait vous mettre la puce a l'oreille : encore un etat a la platitude exemplaire. Ca se voit aussi particulierement bien depuis l'avion.

 
sur l'I-80, tres visiblement en direction de l'ouest



Nous decouvrons les paysages du Nebraska, qui ressemblent a... a peu pres n'importe ou ailleurs aux US, tres legerement vallonné, des champs, des fermes.

 
on the road again


 
dans la voiture l'ambiance est encore excellente. Je conduis car T deteste ca et j'adore ca. Le monde est bien fait non ?



Nous faisons un stop rapide dans un petit mall pour faire une recolte de cartes. Je ne sais pas si c'est la crise, ou le Nebraska qui est un etat depeuple, mais le coin parait presqu'a l'abandon. Voila encore un decor formidable pour tourner toutes sortes de films d'horreur.

 
un mall livré a lui-meme dans le Nebraska


 
notre magnifique Dodge Caliber. Je sais pas de quel calibre ils parlent, sans doute du plomb pour la chasse au moustique ?


 
en passant la riviere Platte (mais si, c'est son nom)



Interessant : d'apres mon ami wikipedia, Nebraskier, le premier nom donne a cette riviere par un trappeur francais, signifierait "eau plate" dans la langue des indiens Oto. Voila un certain nombre de mysteres resolus.
Nous finissons par arriver a Lincoln, ou je crie victoire car je vais pouvoir rajouter un etat dans la liste sur mon blog ! Direction le capitole.

 
le capitole de l'etat du Nebraska, a Lincoln


 
Centennial Mall, sans doute imaginee comme l'avenue majestueuse menant au capitole





 
le drapeau du Nebraska




Lincoln n'est pas une ville tres agitée en ce samedi apres-midi. On trouve des bureaux, quelques industries, un stade, des bars avec concert en plein air aujourd'hui, et puis c'est tout. So long, Lincoln !



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Publié par ZPP - dans week-end au Nebraska
dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 13:00
Et oui, avec un petit peu de retard voici quelques photos du sejour de mes soeurs, sous la douce pluie bostonienne.




a Harvard


 
a table



a Boston Common



a la plage (Boston)


 
a la plage (Provincetown)


Apres leur visite-eclair a Boston, les filles sont allees faire les folles a New York, dans un hotel luxueux en-dessous de l'Empire State Building.


 
les filles a New York sur le ferry pres de la Statue de la Liberte


 
les filles en haut de l'Empire State Building


A quand la prochaine visite ? :-)

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Publié par ZPP - dans blogston
samedi 20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 17:00
article precedent 25/26


Samedi, seize heures. Nous sommes a bord du ferry qui nous ramene aux US. Le temps est maussade, mais la traversée se fait cependant sans souci.

 
entre l'ile de Vancouver (Canada) et Port Angeles (USA)


A seize heure trente, le continent est en vue. Preparation pour le debarquement...

 
en arrivant a Port Angeles



Dix-sept heures. Nous sommes a Port Angeles, point numero 12 sur la carte. Notre avion est au depart de l'aeroport de Seattle (point numero 14 sur la carte) a 23h20, et nous devons parcourir 130 miles, soit un peu plus de deux heures et demi de route vers l'est, pour rallier l'aeroport. Nous aur(i)ons donc quatre heures a tuer a Seattle Tacoma International Airport.
Je reflechis...
Je reflechis encore...
Non en fait ma decision est deja prise, et l'idee a germé ce matin dans mon cerveau agité : nous allons partir vers l'ouest. Je n'ai pas traversé un ocean puis encore un continent pour ne pas voir l'ocean Pacifique. Ce n'est pas la decision la plus intelligente que j'aurai prise durant ce voyage, mais bon, qui sait quand je reviendrai sur la cote ouest ?
Cap donc vers l'ouest, vers le point qui d'apres mon etude de la carte de l'etat de Washington est le plus proche de nous sur le Pacifique : La Push. Je sais pas ce que c'est que ce nom, mais en tout cas c'est a 70 miles, une heure et demi, sur des routes plus ou moins petites. Alors on devrait avoir le temps ! Go !
Nous sortons du port, trouvons la route US-101, et au lieu de tourner a gauche, nous tournons a droite, vers le Pacifique. Wou hou !

 
sur l'US-101 vers l'ouest

Forks c'est sur notre route, c'est la ou on bifurquera sur une route plus petite qui nous emmenera sur la cote. Hoquiam et Aberdeen ce sont deux villes plus lointaines plus au sud, toujours sur la cote.

La route aller est tres charmante malgré le mauvais temps. C2 et moi sommes sereins, il est encore tot, ca roule bien. Nous traversons les Olympic Mountains, les montagnes qu'on apercevait depuis Seattle en regardant vers l'ouest. C'est recouvert de forets, la route monte et descend, longe des lacs, et tres rarement traverse des agglomerations. Le genre de route que j'adore, tant que je n'ai personne devant moi pour mieux profiter de la solitude et de l'immensité.

 
Lake Crescent


Un peu avant Forks, nous tournons a droite sur la SR-110, ou "La Push Rd". Pas de doute, ca nous emmene a La Push... Il y a une reserve indienne dans le coin, celle de la tribu des indiens Quileute. Nous n'en verrons pas un seul.
Et puis au detour d'un virage, victoire ! L'ocean Pacifique apparait devant nous, immense et sombre.

 
en arrivant a La Push Beach


Par chance, pas de galere, quelques centaines de metres plus loin il y a une epicerie-restaurant, a l'entree d'un parc pour camping-cars, qui compte aussi quelques maisons en dur a louer a la semaine. Il y a tres peu de monde, apparemment surtout des surfers qui viennent ici profiter des vagues. L'ambiance est bizarre cependant, pesante, et en repartant nous achetons sans trainer quelques petites provisions sucrées au tenancier de l'epicerie-restaurant qui a du en voir des vertes et des pas mures. Avant d'arriver ici nous avons croisé quatre voitures de police depuis le carrefour avec l'US-101, a dix miles d'ici. Il se passe quelque chose ? Peut-etre, oui.
Peu importe, allons admirer la plage et l'ocean.

 
l'ocean Pacifique, a gauche James Island. Loin la-bas, l'ile de Sakhaline et la Russie !


 
un petit d'homme devant l'immensite


 
ma petite tete devant l'immense ocean. Ca ne se voit pas mais en fait je suis content


 
l'Orage et la Patience



L'heure tourne, il faudrait peut-etre commencer a se stresser. So long, Pacific Ocean !

 
un dernier coup d'oeil en se retournant


Nous reprenons place dans la voiture. La pression va commencer a monter. Nous sommes a environ deux cents miles et quatre heures de route, pour aller du point 13 au point 14 sur la carte. Il est 18h30, notre avion decolle a 23h20. On ne va pas avoir beaucoup de marge pour l'enregistrement a l'aeroport. Vroum vroum !
Le premier tiers du trajet se passe bien. Nous ecoutons de la musique, chantons a tue-tete, grignotons les chips achetees a la Push, et prenons encore des photos debiles en notant les panneaux interessants qui apparaissent de temps en temps sur le bord de la route.

 
une charmante station-service abandonnée



Toute la region que nous traversons est a peu pres protegée du betonnage et de l'exploitation a outrance car elle fait partie du Olympic National Park (et de l'Olympic Wilderness), qui inclut les montagnes dans les terres, ainsi qu'une longue bande de littoral (73 miles d'apres mon ami wikipedia). On trouve egalement l'Olympic National Forest, exploitée mais sous controle federal.
Au rayon des curiosités nous avons pu voir des panneaux disant "Delay 5 cars illegal ; Use turn out". Interessant... ralentir plus de 5 voitures est illegal. Quand ca arrive il faut se pousser sur le coté :-) Ca doit etre pour les camions. Un 'turn-out' c'est une voie sur le coté, separée ou non de la route principale, qui permet soit de se garer, soit de continuer a rouler lentement en se faisant doubler.
Un autre mystere resolu, c'est celui des compression brakes. Plusieurs panneaux indiquent : "Compression brake prohibited". Mais qu'est-ce ? Je n'ai pas compris toute la mecanique qui se cache derriere tout ca, mais mon bon ami wikipedia m'informe que compression brake ca veut tout simplement dire "frein moteur". Cependant c'est aussi le nom donné communement a des dispositifs que les poids-lourds utilisent pour augmenter l'efficacite de leur frein-moteur, le desavantage etant une pollution sonore assez consequente (d'apres wikipedia). Du coup le mystere resolu c'est que le nom commercial d'un de ces dispositifs, nom utilisé abusivement (un peu comme frigidaire pour un refrigerateur), est Jake Brake. Apres plus d'un an je viens donc enfin de comprendre la signification du panneau "No Jake Brake", que je voyais tous les matins en partant au boulot sur Totten Pond Rd ! C'est pas epatant ca ?
Dans le rayon des choses qui me feront encore rire pendant ce trajet, nous traversons la riviere Sol Duc.
Pour illustrer ce a quoi ressemble un road-trip, je voulais mettre a cet endroit de mon article une petite video prise par C2 pendant que nous roulons. Malheureusement je suis tres insatisfait du service video d'over-blog, mon charmant hebergeur, donc pas de video en attendant que je trouve une meilleure solution. Desolé !

Pendant le deuxieme tiers du voyage, apres avoir - enfin - repassé Port Angeles en roulant vers l'est, la tension monte. Le temps passe, mais les miles ne s'entassent pas assez vite sur mon compteur. Nous ecoutons toujours de la musique, mais plus personne ne chante. En plus de tout ca je vois mon indicateur de reservoir d'essence baisser, et je ne vois pas d'endroit acceptable pour nous arreter et pomper. La nuit est tombée, et nous roulons dans une zone peu peuplée, et ou les rares stations-services ne donnent pas envie de sortir de la voiture.
Car en plus de ca nous avons eu droit a une petite annonce du meilleur effet a la radio. Plusieurs fois on a croise des panneaux "Tune to 1610 AM when flashing" (ecoutez 1610 AM en cas de clignotement) avec des lumieres oranges... clignotantes ! Oui, qu'est-ce que c'est ? Je vous transcris le message qui tourne en boucle sur cette radio : "Washington State Police Advisory ; ... ; red or gray chevy mini-van with windows on all sides of vehicle ; no plate ; ... ; call 911". "Message de la police d'etat de Washington ; [a la recherche] d'un mini-van Chevrolet rouge ou gris, avec des fenetres sur tous les cotes du vehicule, pas de plaque d'immatriculation ; [si vous le voyez] appelez le 911 [le numero d'urgence/police aux US]". Ah ! Oh ! Alors moi je ne sors plus de la voiture dans ce pays mal ou pas eclairé.

Troisieme tiers du voyage. L'arrivée sur une deux fois deux voies a été une liberation pour moi : je peux enfin rouler sans me preoccuper des autres usagers qui avancent a deux a l'heure. Mais nous sommes encore a une cinquantaine de miles de l'aeroport. Je vais devoir me resoudre a faire deux fois le plein : je ne pourrai pas tenir jusqu'a l'aeroport, et apres j'aurai utilisé trop d'essence pour que ca ne me soit pas facturé a $18 le gallon par Hertz. Ha ha, vraiment !
Dans la voiture, plus de musique, plus de radio, plus personne ne parle :-) Nous nous concentrons sur la route.
Quand nous commencons a remonter vers le nord sur la derniere portion de notre trajet, la pluie commence a tomber, de plus en plus fort. Le seul coté positif dans toute cette histoire c'est qu'il etait tellement tard (samedi soir, 22 heures) qu'il n'y avait pas de bouchons.
A l'aeroport nous suivons avec attention les panneaux Hertz, nous garons, nous ruons hors de la voiture, attrapons nos sacs. La gentille préposée qui vient recuperer les clefs aurait sans doute voulu discuter avec nous, car elle sort quelques mots de francais, mais C2 lui repond qu'on est en retard pour notre avion, et nous courons jusqu'au guichet d'enregistrement.

soir huit : 295 miles (475 km) parcourus aujourd'hui (au lieu de 127 prévus, vive le Pacifique !), pour un total de 2115 miles (3403 km) pour tout le road-trip (au lieu de 1677 prévus).

Guichet d'enregistrement dans l'aeroport où nous recommencons enfin a respirer ! L'employée qui nous enregistre est joviale "ne vous inquietez pas, vous etes encore a l'heure pour votre vol, je m'occupe de vous dans une minute !". Elle nous annonce meme que comme tous les passages sont enregistrés, on pourrait partir en avance. Bon. On s'entasse dans le vol 498 en direction de Boston, qui apres cinq heures de vol de nuit (un fameux 'red-eye') nous debarque a Boston a sept heures et demi du matin.

Et voila, c'est fini, encore une histoire de fou furieux du volant et de maniaque de l'emploi du temps. Vous avez reussi a suivre ?
Bilan de fin de voyage ? J'avais decidé en planifiant le tracé d'etre raisonnable, mais je n'ai pas pu m'empecher une fois sur place de rajouter cinquante miles par-la, cent miles par-ci... On a fait beaucoup de voiture ! Mais avec une moyenne de 265 miles par jour on est loin de mon record dans les Grands Lacs (600 miles), et c'est une tres bonne idee de s'arreter completement un jour de temps en temps pour rester dans une ville donnée. Sauf a Portland bien sur ha ha ha ! Bon j'exagere... Portland aussi valait le coup, j'ai pu me faire mon propre avis.
Sinon les sommes engagées dans une entreprise pareille sont gargantuesques, il faut vite que je joue au loto ou que je me fasse engager chez Enron, la Societe Generale, ou que sais-je encore. La planete n'est pas tres contente non plus, car notre voiture avait helas une consommation au-dessus des 10l/100, 10.36 pour etre precis (22.7 mpg). Desolé.
Ceci dit ca ne m'empechera pas de repartir, et j'ai deja la tete ailleurs... il faudra cependant etre patient, car le prochain road-trip est prevu pour fin decembre, et vu le temps qu'il me faut pour rediger ce blog (on est le 23 octobre pour raconter la journée du 20 septembre !) vous avez deux bons mois et demi de tranquillité devant vous.

A plus tard !

tout recommencer au debut : article 1/26

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Publié par ZPP - dans road trip Northwest
samedi 20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 10:00
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Samedi matin, dernier jour de notre voyage. C'est de plus en plus difficile de se motiver pour bouger de l'hotel. A presque dix heures, comme je suis toujours en train de bricoler mon PC pour y désinstaller des programmes qui me prennent de la place - tache, vous en conviendrez, qu'il m'est absolument necessaire d'accomplir en vacances a trois mille miles de chez moi - C2 prend sa grosse voix et je range tout precipitamment.
Bon.
Premier (et seul a priori) objectif de la journee : se rendre a Brentwood Bay, a 20 kilometres au nord de Victoria, pour y visiter les Butchart Gardens, les jardins de Monsieur et Madame Butchart. Vous connaissez mon habituel couplet sur le fait de payer pour aller voir des proprietes, des jardins, ou que sais-je encore, qui appartiennent a des gens deja riches ? Oui ? Bon alors je ne vous le ressors pas. En plus le ticket est a $26.5 par adulte, soit $53 pour C2 et moi ! Je m'étrangle d'indignation. Reconnaissons, cependant, pour ce prix-la, que le travail effectué dans les jardins est magnifique. Pas une mauvaise herbe, rien de travers ou qui depasse, et des couleurs partout.


 
The Butchart Gardens, over 100 years in bloom : en fleur depuis plus d'un siecle


Il est dans ma nature de francais de raler, alors je ne vais pas vous epargner le deuxieme grave defaut dont souffrent les Butchart Gardens : la surpopulation, certes de plantes, ce qui est charmant, mais egalement et surtout de touristes (dont nous faisons partie), masse compacte a laquelle nous sommes venus nous agreger comme des moutons.
Le debut de la visite se fait veritablement 'au contact', jusqu'a ce que ce que le gens s'eparpillent un peu - ou que l'on prenne des chemins qui ne sont pas sur le parcours fléché du depliant-mini-guide. Agoraphobe s'abstenir.

 
seule chance de prendre des photos : etre plus grand que le voisin !


Cessons maintenant de raler et profitons du panorama magnifique.

 
l'ancienne carriere de Monsieur Butchart


 
des animaux taillés dans des buissons


 
l'inevitable totem du coin



 
des colchiques, des clematites, et un citronnier



 
gros plan sur des gentianes


 
alors ca c'est super drole



 
a l'entree de l'autre attraction inevitable : le jardin japonais


 
je prends une petite tasse de thé


 
des narcisses ou des gentianes, je ne sais plus


 
dans le jardin des roses


Note importante : je n'y connais rien en plantes, j'ai raconté n'importe quoi au-dessus. D'accord ?

Une fois la visite des jardins terminée, nous ne nous attardons pas dans le magasin de souvenirs et partons a la recherche de notre voiture sur le parking de douze mille places des Butchart Gardens.
Nous reprenons la route vers le sud pour aller au depart des ferries a Victoria. Nous allons en prendre un qui va nous emmener de Victoria, au Canada, a Port Angeles, le point sur la cote 'en face' de Victoria sur le continent, donc aux Etats-Unis (point 11 au point 12 sur la carte). Notre ferry est le MV Coho, le seul navire de sa compagnie, Black Ball Transport. La compagnie a l'air d'etre americaine, le ferry est immatriculé aux US, et nous passons virtuellement la frontiere en étant encore au Canada a Victoria, ce qui pose des problemes d'organisation. Je vous en fais part comme ca vous ne vous ferez pas avoir.
Lorsque vous arrivez au terminal du ferry, on vous indique d'aller vous garer dans les files de voiture qui vont embarquer au prochain passage du ferry. Puis vous allez payer les tickets au guichet... puis un officier des services americains de l'immigration passe sur le parking, et verifie les passeports. J'ai eu droit au controle supplementaire, en allant dans une petite cahute, ou m'attendait un autre officier pour tamponner mon passeport. Je suis en regle pour rentrer aux US.
A partir de ce moment, nous sommes admis sur le territoire americain, et donc en particulier plus autorisés a sortir du parking. C'est ca qu'il faut savoir, car sur ce parking, a part des grillages et des toilettes a l'hygiene douteuse, il n'y a rien. Pas de bouffe, pas de boisson, pas de boite aux lettres (snif). Donc, n'allez au terminal du ferry que quand vous en avez bien terminé avec les canadiens, d'accord ?
Bon par chance C2 et moi avons pu courir chercher un sandwich avant le passage de l'officier americain et donc avant que les grilles ne se referment inexorablement sur nous. Bon appetit. Pour clore ce chapitre, je ne sais pas si c'etait intentionné de la part de la guichetiere, mais je me suis fait avoir au moment de payer, et j'ai paye $11 de pre-reservation + $69.47 a l'embarquement, au lieu de $11 et $63.5. Grrr. Sortez vos calculettes quand vous voyagez avec Black Ball Transport.
La suite se deroulera en territoire americain...

So long Canada !


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Publié par ZPP - dans road trip Northwest
vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 18:00
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Lorsque nous reprenons la voiture pour quitter definitivement Vancouver et sa banlieue (aux noms originaux, comme North Vancouver, West Vancouver, etc), nous avons plus de deux heures devant nous pour parcourir les quarante kilometres qui nous separent du terminal des ferries, a Tsawwassen, au sud. Cela consiste sur la carte a aller du point 8 au point 9.
Mais quel cauchemar ! Il n'existe aucun grand axe pour traverser Vancouver (nous sommes partis du nord, de l'autre cote du Lions Gate Bridge), du coup notre trajet emprunte la 'route 99', qui est simplement une avenue dans Vancouver (Granville St), completement bouchée. Apres 5 miles de galere la delivrance arrive sous la forme d'une deux fois deux voies a terre-plein central, mais nos amis de Vancouver ont de veritables problemes de circulation !

 
bon, on est sur la bonne route, mais c'est encombré



Tout ca pour dire que j'ai cru qu'on allait rater le ferry, mais comme je suis paranoiaque avec les horaires on est parti avec suffisamment d'avance pour en avoir encore un peu (de l'avance) en arrivant a Tsawwassen. Notre compagnie est BC Ferries = British Columbia Ferries (la seule compagnie ?), et notre ferry est le Tsawwassen (au sud de Vancouver) - Swartz Bay (au nord de Victoria sur l'ile de Vancouver).
Ces ferries c'est un peu du vol. J'avais payé a l'avance $15 (canadiens mais en ce moment ca revient au meme que des dollars US) sur Internet pour pré-reserver des places a bord, et une fois au quai il faut encore payer (en totalité) notre ticket d'embarquement = $75.5 pour une voiture et deux adultes. J'aurais bien voulu qu'ils deduisent les $15 pre-payes sur Internet mais non.. ca fait donc $90 la traversée, en incluant (ultime astuce !) ces fameux frais supplementaires pour cause de hausse du prix du carburant. J'ai hate de voir ces frais disparaitre en particulier des prix des billets d'avion maintenant que le prix du baril de petrole s'est cassé la figure.
En attendant le ferry, nous allons fureter dans le terminal voyageur, qui est un grand batiment rempli de...
  1. stands de bouffe, avec absolument de tout (japonais, chinois, italien, etc)
  2. magasins de petites saloperies, pour un peu on y trouverait des petites boules transparentes dans lesquelles il neige sur la tour Eiffel. J'en profite cependant pour acheter une carte de Victoria et ses environs
  3. des toilettes
Autant dire, tout ce qui est necessaire et suffisant pour garder contents une horde... d'americains. Ah mais zut on est au Canada ? Le meme pays je vous dis !
Vous vous impatientez je le vois bien, l'article s'allonge et on est toujours pas sur l'ile de Vancouver. Ah tiens, si je peux me permettre encore une parenthese :-) Nous allons a Victoria, sur l'ile de Vancouver. Ne faites donc pas la meme erreur que moi en parlant de l'ile Victoria, qui existe et n'a rien a voir puisque c'est une immense ile au nord du continent canadien, au-dela du cercle polaire. Brrrr !
Bon ok allez on embarque. La traversée dure une heure et demi, la mer est calme, le temps est beau. Elle nous emmene du point 9 au point 10 sur la carte.
 
un passager clandestin sur le pont des voitures


 
alors capitaine, on est sur la bonne route ?


 
dans le dedale des petites iles entre Vancouver et son ile



 
le grand air


Une fois arrivés sur l'ile, nous etions tout excités a l'idee de voir des belles plages et des beaux paysages maritimes, en suivant la Cordova Bay Rd, marquée comme 'Scenic Marine Drive' sur mon plan, c'est-a-dire 'route de bord de mer pittoresque', pour rouler du point 10 (debarquement du ferry) au point 11 (Victoria, ou se trouve notre hotel) sur la carte.
Pouark.
Ma deception a été amere et intense, et les oreilles de C2 en resonnent encore.
J'avais oublie qu'on est aux US, pardon au Canada, ou le bord de mer n'appartient pas a tout le monde, mais a ses proprietaires. Consequence : il va falloir vous accrocher si vous voulez mettre le moindre petit doigt de pied dans l'eau, ou meme si vous avez envie de voir la mer. Toute la premiere moitié de notre 'scenic drive' sur la cote est de l'ile est bordée des deux cotes de maisons toutes plus couteuses les unes que les autres, certes les pieds dans l'eau pour la moitié d'entre elles, mais de toute facon dument engainées dans de hautes et opaques palissades. Mon petit ami, si t'as pas un ou deux millions de dollars pour te payer une villa de luxe, tu circules, y a rien a voir !
Je fulmine, je fulmine.
Voici une tentative d'acces a une 'plage' indiquée par ma carte.


 
acces public, deja c'est une blague, car il y a zero parking, et c'est une allee microscopique coincee entre deux proprietes


 
et ca, mes amis, c'est la plage !!! Excitant hein ?


Bon on va supposer qu'on y est arrivés a maree haute. Il n'empeche, la campagne victorienne s'est mise a retentir au doux son de mes hurlements. Nous nous ruons dans la voiture pour continuer cette stupide 'scenic marine drive'.
En arrivant a Cadboro Bay nous avons droit a une vue un peu plus acceptable.

 
Cadboro Bay


En me perdant dans des petites rues (car evidemment le trajet de la 'scenic marine drive' est indiqué a l'americaine, c'est-a-dire qu'a un carrefour sur deux, il n'y a pas de panneau, il faut le faire a pile ou face [to flip a coin en anglais, je fais progresser votre vocabulaire]), nous avons la joie d'apercevoir enfin un habitant local. Vous vous attendez a une farce et vous avez bien raison.


 
un habitant de Victoria, en train de brouter ses haies


Par chance un peu plus loin sur notre route nos finissons par tomber sur un coin un peu moins encombré de villas.

 
coin coin


 
au-dessus de Trafalgar Park (je crois)



 
on aurait une meilleure vue de la-haut, c'est vrai


Maintenant, souvenez-vous de quelque chose. On est dans le nord-ouest de l'Amerique, pas vrai ? Donc on devrait voir... des totems poles ? Oui ? Et aussi... on croit etre au Canada... mais on est presque aux US... donc, on devrait voir quelque chose comme 'le plus grand totem pole du monde' ou en tout cas un totem pole le plus quelque chose, non ?
Gagné !
Au detour d'un virage, au milieu de nulle part, se dresse un gigantesque totem pole. La pancarte indique "World's tallest totem pole", le totem le plus elevé du monde, a 127 pieds et 7 pouces = 38.275 metres. Ce qui est tres drole c'est qu'evidemment ce titre est disputé entre plusieurs totem poles, comme en temoigne mon ami wikipedia.

 
"World's tallest totem pole", a Victoria (Beacon Hill Park)



Apres toutes ces peripeties passionnantes, nous mettons enfin le cap dans la nuit tombante sur notre hotel, perdu le long d'un grand boulevard dans une zone de malls et d'hotels. Decidement ce coin de l'ile de Vancouver est tres urbanisé. Il parait que tout le reste de l'ile est beaucoup plus sauvage, mais evidemment notre planning est tres serré, donc nous n'aurons pas le temps d'aller verifier par nous-meme. Soupir...
Le soir nous allons manger des tapas a downtown Victoria, qui bouge pas mal, avec des rues encombrées de touristes et d'attractions pour ces memes touristes a chaque carrefour.

 
que de vie, que de vie


 
le parlement dans ses plus beaux atours (Victoria est la capitale de la province de Colombie-Britannique)



Et voila, la fin du voyage est proche, c'est notre dernier soir a l'hotel. Demain soir nous aurons l'honneur de 'dormir' dans l'avion de retour. Mais pas d'inquietude, il me reste encore une journée entiere d'aventures palpitantes a vous raconter, avec des peripeties et des rebondissements incroyables.

soir sept : 86 miles (138 km) parcourus aujourd'hui, et 1820 miles (2928 km) depuis le debut du road-trip.


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