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jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 13:00
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Apres toutes ces visites sous le soleil a Baton Rouge, nous prenons enfin le temps d'aller manger un bout et de profiter un peu de la clim. Notre prochaine etape routiere a suivre sur la carte, va nous emmener de Baton Rouge a Lafayette, en continuant a suivre l'I-10 vers l'ouest sur soixante miles. Pourquoi Lafayette ? D'abord par curiosité, pour voir a quoi ressemble une ville portant le nom d'un francais aussi emblematique que Lafayette (disons que meme si vous ne connaissez pas trop l'histoire de Lafayette, comme moi, il faut juste savoir que Lafayette a bien sa place dans l'histoire des Etats-Unis), et aussi et surtout parce que d'apres la carte, l'interstate presente entre ces deux villes une superbe ligne droite de plusieurs dizaines de miles, et que j'en salive depuis que j'ai commence a planifier ce road-trip. A vrai dire cette ligne droite existait dans mes plans de road-trip avant meme que je ne planifie en detail ce present voyage.
Mais commencons par le debut.

 
tres bien, en route pour Lafayette. Plaquemine sonne bien francais aussi, remarquez



Qui etait Lafayette, donc ? D'apres ce que j'ai pu comprendre sur wikipedia, c'etait un marquis francais, suffisamment fou-fou pour se lancer a vingt ans et a ses frais dans le conflit mené par les Etats-Unis en guerre d'independance contre la Grande-Bretagne, en 1777. Il en sortira avec une aura legendaire, puisque wikipedia pretend qu'il est "avec Churchill l'etranger le plus populaire et le plus reconnu aux Etats-Unis". Je demande a voir... et menerai une enquete personnelle. Soyez cependant rassuré : on parle plus de Mickael Jackson que de lui a la tele.
Les americains se souvenaient en tout cas suffisamment de lui pour lancer la phrase "Lafayette, we are here" lorsque pour la premiere fois de l'histoire des soldats de l'oncle Sam mirent pied sur le vieux continent, en 1917, pour venir participer a la Grande Boucherie.
Lafayette aurait egalement fait quelque chose qui m'interesse et me plait au plus haut point : un tour des US en visitant chaque etat de l'epoque (en 1824-25). Voila donc d'ou me vient cette passion ! Une saine occupation francaise, de parcourir des milliers de miles pour mettre un pied dans chaque etat americain. Mais Lafayette a triché lors de son periple : il n'y avait ni Alaska ni Hawaii a l'epoque.
En ce qui nous concerne, nous en sommes a la Louisiane dans notre liste d'etats. Sur la ligne droite entre Baton Rouge et Lafayette...

 
c'est par ou ? C'est tout droit...


 
en passant pres de Grosse Tete


 
c'est par ou ? C'est tout droit...


 
hop, sans les pieds, sans les mains !


 
c'est par ou ? C'est tout droit...


Apres une quarantaine de miles depuis Baton Rouge je me decide a donner un coup de volant pour sortir de l'autoroute pour que nous puissions jeter un coup d'oeil au Atchafalaya Welcome Center. Atchafalaya, qu'est-ce que c'est ? C'est un defluent du Mississippi ! Et un defluent, qu'est-ce que c'est ? Ben l'inverse d'un affluent. C'est donc un fleuve qui se detache du Mississippi pour aller se jeter lui aussi dans le golfe du Mexique, en traversant un grand bassin humide (un marais) qui porte son nom.
Au Visitor Center la nana de l'accueil est tres sympathique comme d'habitude, et quand elle nous entend lui demander avec un fort accent etranger une carte routiere de Louisiane (qu'elle a d'ailleurs, merci !), elle se met a s'agiter en tous sens, nous demande de bien signer son registre de visiteurs, et fouille dans ses tiroirs pour nous remettre solennellement a chacun un pin's de la Louisiane. Je n'en fais pas vraiment la collection et je ne compte pas le porter, mais enfin le geste est sympathique et je garderai ce pin's dans mes affaires "road-trips aux US" comme un bon souvenir.
Au moment de repartir du Welcome Center, j'ecrase un moustique en montant dans la voiture, qui explose en une grosse goutte de sang sur ma main. Terrifié a l'idee, dans ces contrees de wetland et de marais, de chopper une cochonnerie comme la dengue ou la fievre jaune voire le chikungunya, je ressors de la voiture en bondissant et vais me laver energetiquement les mains au Welcome Center, en maudissant ces saletés de moustiques. Ca ne sert a rien un moustique.

 
Lafayette ou Baton Rouge ? Lafayette !


 
c'est par ou ? C'est tout droit...


Nous ne sommes plus tres loin de Lafayette. Nous sortons de l'interstate pour aller faire un petit tour dans la ville.

 
Welcome to Lafayette


 
Bienvenue a Lafayette ! C'est ecrit en francais !


Bon, a ce stade de notre journee, je dois avouer que le manque d'organisation se fait sentir. D'accord je voulais venir a Lafayette, mais pour quoi au juste ? Aucune idee. Nous roulons un peu au hasard dans les avenues de Lafayette, mais nous ne sommes guere impressionnés. Nous n'avons pas du aller au bon endroit. Wikipedia est pourtant formel : "Lafayette has a strong tourism industry", et c'est le Heart of Cajun Country. Les cajuns, les cajuns, on en parle beaucoup, mais personne ne sait vraiment ou ils se trouvent. Nous, nous ne savons pas en tout cas. Peut-etre qu'on aurait plus de chance de se mettre a la recherche du dernier dodo ? Autant faire dodo dos a un dome !
Bref, sur ces pensees delirantes, nous coupons court a notre visite de Lafayette, qui j'en suis sur aurait merité plus d'attention de notre part, et mettons le cap vers l'etoile qui oriente notre route depuis le debut de ce voyage : Nouvelle Orleans.


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Publié par ZPP - dans trip Floride Louisiane
jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 12:00
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Bien que nos estomacs commencent a se faire bruyamment entendre, et qu'il fasse plus chaud que jamais sous le soleil de midi, nous reprenons la voiture pour rouler a peine un mile jusqu'a notre arret suivant, et reprendre la marche dans le cagnard : Magnolia Mound Plantation, une ancienne plantation dont on peut visiter les batiments pour quelques dollars. Nous furetons un peu dans la fraicheur du batiment d'accueil avant de sortir affronter la chaleur. Il y a la quelques documents parlant de la vie dans la plantation a la fin du dix-huitieme et au dix-neuvieme siecle.

 
ceci merite une explication


Bon alors la photo ci-dessus, qui je dois l'avouer ne rend rien une fois reduite pour etre mise sur ce blog, montre... une petite annonce matrimoniale, datée du 15 avril 1840. L'annonce commence sobrement par un "to the ladies", puis enumere les qualités requises pour pouvoir repondre a l'annonce, ainsi que les qualités (on suppose hi hi hi) de celui qui passe l'annonce. Epatant, voila donc le meetic d'il y a 170 ans.
Mais allons plutot voir a quoi ressemblait la propriété d'un planteur en 1800.

 
la maison du planteur, ayant subi plusieurs agrandissements depuis sa construction en 1791


 
le pigeonnier


 
un ecureuil


 
une cabane pour esclaves, datant de 1830



Que cultivait le planteur (nommé Armand Duplantier, plutot bien choisi comme nom n'est-ce pas ?), enfin plutot, que cultivaient les esclaves du planteur ? Du coton et de la canne a sucre, d'apres ce que j'ai pu retrouver sur ce site. Des mentions a la culture de l'indigo sont aussi faites sur les panneaux explicatifs sur la plantation, avec le commentaire laconique suivant : "From fifty to sixty hands work in the indigo factory; and such is the effect of the indigo upon the lungs of the laborers, that they never live over seven years"-- James Roberts, 1858 [De cinquante a soixante mains travaillent dans l'usine d'indigo ; et l'effet de l'indigo sur les poumons des travailleurs est tel, qu'ils ne [sur]vivent jamais plus de sept ans]. Triste. Je n'ai pas reussi a trouver plus d'informations sur ces dangers pour la sante de l'indigo, mais il semblerait bien qu'on soit en presence d'un predecesseur de l'amiante et de son scandale. L'histoire est faite de repetitions.

 
une superbe voiture de l'epoque. Il manque le moteur (c'etait une deux-chevaux si mes calculs sont bons)


 
qu'est-ce donc ?


Le dictionnaire m'indique que le bousillage est un "mortier compose de chaume et de terre detrempee utilise notamment pour la construction de murs de cloture". Ce qui ne m'explique cependant pas ce que ce panonceau fait planté dans une souche au milieu de nulle part. Une boite de carambars a qui nous trouvera l'explication !

 
la maison du contremaitre



La maison du contremaitre comporte une "chambre d'hopital", destinée a soigner les esclaves si necessaire. Il est a noter que cette mise a disposition de soins tient plus d'un simple et froid besoin pratique que d'humanité : un esclave malade est une ressource en moins au travail.

 
la "chambre d'hopital"



Definitivement vaincus par la chaleur, nous retournons vers le batiment d'accueil.

 
le magnolia qui a donne son nom a la plantation (?)


En arrivant au batiment de l'accueil, je remarque une petite etiquette sur une des vitres.

 
Franco Fête '99



Ah tiens, il y aurait eu des celebrations en francais en 1999 pour feter les trois cents ans de... eh bien je n'ai pas bien compris de quoi. Les francais semble-t-il trainaient deja dans le coin en 1682, alors que s'est-il passe de particulier en 1699 ? Peut-etre la naissance officielle du territoire de Louisiane francaise ?
Avant de quitter definitivement les lieux, j'achete une carte presentant le territoire vendu par la France aux Etats-Unis lors de la Louisiana Purchase en 1803, carte que j'ai punaisée au boulot a cote d'un papier portant la mention "The Great French Mistake" .
Puis nous quittons Baton Rouge. So long !



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Publié par ZPP - dans trip Floride Louisiane
jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 11:00
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Comme promis dans l'article precedent, voici la description de notre visite du capitole de l'etat de Louisiane, a Baton Rouge. Construit de 1847 a 1852, il s'agit d'apres le petit guide papier remis a l'accueil, d'un "tresor d'architecture gothique". Certes. Certes.

 
le capitole de Louisiane, avec ses superbes tours crenelees


Le capitole est construit sur une butte qui domine le Mississippi, occasion pour nous d'apprendre un nouveau mot anglais : promontoire se dit "bluff". Nous faisons le tour du batiment avant d'aller en explorer les entrailles.

 
interessant : un autre exemple de lion de garde, apres celui de Bellingrath


 
le chateau-fort de Baton Rouge sous le soleil ecrasant de cette fin de mai

 

 

coucou ! Un de plus !


A coté du capitole se trouve un vieux wagon, portant une banderole bleue-blanc-rouge "Train de la Reconnaissance Francaise". Qu'est-ce donc ? Les plaques a coté du wagon expliquent qu'il s'agit d'un wagon envoyé par la France pour exprimer sa reconnaissance envers les US. Pas tellement plus de details, mais comme d'habitude mon ami wikipedia sait tout, et explique que quarante-neuf wagons comme celui-ci furent envoyés par la France en 1949 aux US, en remerciement du "Train de l'Amitié", un train qui traversa les US en 1947 pour etre chargé de biens divers pour venir en aide a la France apres la guerre. Ils partiment, quelques wagons, de Los Angeles, et arrivament, plus de sept cents wagons, a New York, avant d'etre dechargés sur des bateaux en direction du Havre.

 
Train de la Reconnaissance Francaise


C'est tres interessant, il y a meme un site internet qui en parle et les recense un par un. Ou l'on apprend que celui du Massachusetts aurait été purement et simplement mis a la casse, dommage ! Alors que nous avons pensé pendant notre visite de Baton Rouge que ce wagon se trouvait la a cause du passé "francais" de la Louisiane, il n'en est en fait rien, et chaque etat americain a recu son wagon de la reconnaissance francaise.

 
c'est un wagon francais, je repars avec !


Avant de visiter le capitole, dernier petit detail. Si en France la franc-maconnerie semble trainer derriere elle des sentiments contradictoires, et engendrer une certaine mefiance (liée sans doute a tous les scandales ou elle se retrouve melée), aux US, pas de probleme de conscience de ce genre : elle s'affiche au grand jour. On trouve ainsi cette petite plaque sur le capitole.

 
l'architecte du capitole, James Dakin, etait un franc-macon


Il est temps de nous interesser a l'interieur du capitole. Comme d'habitude la visite est gratuite, l'accueil sympathique, et les toilettes propres.

 
l'escalier solennel...


 
...qui mene, sous des vitraux colorés...
 
...jusqu'a la rotonde kaleidoscopique !



Les differentes salles du batiment ont soit ete restaurées pour presenter leur aspect du 19eme siecle, soit abritent des petites expositions, par exemple pour expliquer le parcours d'une loi entre les deux chambres, ou comment fonctionne la vie politique.
A l'etage la chambre du senat serait prete a accueillir la prochaine legislature, avec chaises et bureaux adequats. La chambre des deputés par contre est vide, elle semble etre utilisée comme auditorium, et louée pour diverses occasions (?). Pendant notre visite des jeunes sont en train d'installer une sono et de tester leurs micros, dans ce qui ressemble plus a un choeur de cathedrale qu'a une chambre legislative.

 
 


Comme aux jardins Bellingrath a nouveau, je remarque des plaques de sponsors, qui ne sont autres que des compagnies petrolieres.

 
je reclame que Total finance la renovation d'anciennes mairies en France !



Mais c'est au rez-de-chaussée que se trouve selon moi l'exposition phare de ce capitole. Nous y arrivons, nous y arrivons...

 
l'ancien bureau du gouverneur


Quelle est donc cette exposition phare ? C'est la Louisiana Purchase Exhibit ! Des documents et explications relatifs a la vente de ce qui s'appelait alors la Louisiane ou Louisiane Francaise, a la jeune nation des Etats-Unis d'Amerique, en 1803. Il y aurait de quoi en parler des heures... je vais tacher d'etre bref.
Au tout debut du dix-neuvieme siecle, ce qu'on appelait la Louisiane couvrait bien plus que l'actuel etat de Louisiane. Il s'agissait en fait d'un territoire immense de plus de deux millions de kilometres carrés, un petit tiers de ce qui constitue aujourd'hui le territoire des US si l'on exclut l'Alaska, et recouvre ce qui appartient aujourd'hui a quinze etats (enfin quinze, environ, certaines frontieres n'etant pas fixées a l'epoque pour le coté ouest du territoire), tous a l'ouest du Mississippi (avec meme une petite bande tout au nord qui se trouve maintenant au Canada, dans l'Alberta et le Saskatchewan) : Montana, North Dakota, South Dakota, Minnesota, Wyoming, Nebraska, Iowa, Colorado, Kansas, Missouri, Oklahoma, New Mexico, Texas, Arkansas, et Louisiana.

 
la Louisiane francaise en 1803


A ce moment de l'histoire de France, notre grand Napoleon n'a pas les moyens militaires d'organiser la defense de ce territoire contre les Britons (ou meme contre les Americains), et est egalement a la recherche de fonds pour financer une campagne militaire contre... les memes Britons, et partir taper sur a peu pres tout ce qui bouge en Europe. Les americains de leur coté, souhaitaient approcher les francais pour negocier l'achat de la ville de la Nouvelle-Orleans, seul port accessible depuis certains de leurs propres territoires a l'est du Mississippi, la cote sur le golfe du Mexique faisant alors partie de la Floride, espagnole. Surprise donc pour les ricains, lorsque qu'apres avoir offert deux millions de dollars pour acheter uniquement la ville de Nouvelle-Orleans, ils se voient proposer une contre-offre de quinze millions de dollars pour toute la Louisiane. Contre-offre acceptée : les Etats-Unis viennent de doubler instantanement leur superficie.
La ou ca devient encore plus passionnant c'est quand on essaie de comprendre le sac de noeuds qui servit de "montage financier" a cette transaction. Pour payer, les Etats-Unis doivent mettre sur la table plus de onze millions de dollars, les quatre millions manquants venant de dettes de la France a l'egard de citoyens americains, dont les Etats-Unis prennent la responsabilite financiere. Les onze millions sont empruntés, sous la forme de 'bons' a 6% d'interets (tous remboursés entre 1812 et 1823), a deux banques europeennes, Baring a Londres, et Hope a Amsterdam ; il faut egalement noter que bon nombre de bons sont achetés par... la Russie.
Donc, si je recapitule, plusieurs pays d'Europe financent indirectement cette operation, donnant de l'argent a Napoleon, qui en retour... debarque avec ses soldats. Je ne suis pas sur de tout comprendre.

 
l'acte de vente



Sur la photo ci-dessus, l'acte de vente (sans doute plutot une copie, je ne suis plus tres sur) rédigé en francais, portant la mention "Fait a Paris" avant les signatures et cachets.

Toute cette histoire me fait revasser, et plonger dans des questions abyssales : et si ?
Et si ?
Et si la Louisiane etait restée francaise ?
Et si Napoleon avait employé son energie a coloniser ces territoires nord-americains plutot que de partir faire la guerre en Europe ? Que serait devenue la carte des puissances europeennes ? La colonie francaise serait-elle devenue un tiers de la puissance que sont aujourd'hui les US ? Non ? Et aurait-elle cherché (probablement...) a devenir independante de la France ?
Que seraient devenus les Etats-Unis d'Amerique ? Sans doute pas un tiers de ce qu'ils sont aujourd'hui. Ce qui fait leur force, c'est leur unité, leur taille, leur histoire faite d'absence de frontiere vers l'ouest jusqu'au Pacifique, et de colonisation (violente ou non) en moins de deux siecles d'un continent entier au sein d'une meme nation, en partageant des valeurs, qui a généré et entretenu dans leur (in)conscient collectif ce sentiment que rien ne peut leur resister. Est-ce cela ? United, they stand.
Et si ?
Que serait devenu mon reve americain ? Du vent...


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Publié par ZPP - dans trip Floride Louisiane
jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 09:00
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Jeudi matin, apres une (trop) longue journee hier sans conduire, je vais pouvoir reprendre le volant aujourd'hui. Direction : la capitale de Louisiane, au nom hilarant, Baton Rouge. Avant cela je suis dans l'obligation de vous raconter une anecdote interessante, que vous pouvez cependant ignorer si vous etes pressé : sautez donc le paragraphe suivant.
Au moment de recuperer la voiture dans le valet parking ou je me suis garé mardi soir, je tente une negociation - qui se revele vaine. En effet les tarifs du parking sont degressifs, et le panneau affiche quelque chose du genre : $20 les 12 heures, $24 les 24 heures. Comme il n'y a pas de tarif affiché au-dela de 24 heures il faut deviner ce qui se passe... Un physicien, pour qui 2 + 2 peuvent aisement faire 3.8 ou 4.3, se contenterait de dire : "ZPP tu t'es garé 2 nuits, de mardi soir a jeudi matin, ca fait 2 jours donc $48". Mais mon cerveau alerte, en bon mathematicien, affirme au contraire que comme je me suis garé le mardi soir a 22h20, et que je reprends la voiture le jeudi matin vers 8h30, je suis resté environ 34h10, soit moins que 12 + 24 heures. Je voudrais donc payer mes premieres 24 heures a $24, et les moins de douze heures suivantes pour $20, pour un total de $44 (pour une economie de $4 ). J'entreprends d'expliquer ca a la preposee du parking, mais je crois que j'aurais eu plus vite fait de lui apprendre la difference entre une serie de Fourier et une integrale de zero a +∞ : elle ne se laissera jamais convaincre, meme apres avoir discuté avec son manager.
Tant pis donc pour mes $4, et partons d'ici. Nous faisons un petit crochet par la Boucherie pour nous acheter des patisseries, et nous nous mettons en route pour Baton Rouge. Vous pouvez suivre le trajet sur la carte, trajet on ne peut plus simple : deux tours de roue pour sortir du French Quarter et rentrer sur l'I-10, et il n'y plus qu'a suivre cette interstate sur soixante-quinze miles.


 
en route !



Au debut du trajet l'I-10 nous fait passer juste a cote du lac Pontchartrain, puis nous suivons de longues droites vers l'ouest dans un decor habituel d'arbres verdoyants.

 
le long du lac Pontchartrain


 
sur l'I-10 entre New Orleans et Baton Rouge


 
un charmant petit lotissement


 
en arrivant a Baton Rouge


Comme d'habitude la premiere chose que nous faisons en arrivant dans une capitale d'etat, c'est d'aller jeter un coup d'oeil au capitole. A Baton Rouge, comme a Tallahassee, il y en a deux, l'ancien, qui a eu l'honneur de ne pas (encore) partir en fumee, a l'architecture 'originale', et le nouveau, a l'architecture plus betonnee et massive. Contrairement a Tallahassee cependant les deux capitoles ne sont pas l'un a coté de l'autre. Nous nous interessons donc d'abord a l'ancien capitole, une de mes passions pendant mes road-trips.

 
en stationnement dans River Rd. Il fait chaud !


 
pas de doute, nous y sommes


Alors, d'ou vient le nom Baton Rouge ? L'explication, que l'on retrouve plusieurs fois sur des petits panonceaux explicatifs vers le capitole (ainsi que sur wikipedia), est que sur le site ou la ville fut fondée, deux tribus indiennes indiquaient les limites de leurs territoires respectifs en plantant dans le sol des poteaux de cypres marqués avec du sang d'animal. Voila donc pour les batons rouges. Inutile de preciser que cela fait belle lurette qu'il n'y a plus d'indiens a Baton Rouge.
Nous allons faire notre petite visite culturelle et reposante du capitole, visite qui sera narree dans le prochain article.


 
un chateau fort ? Non, l'ancien capitole de Louisiane !



 
sous le magnolia dans les jardins du capitole



Apres notre visite du capitole, nous allons faire un petit tour le long du Mississippi puisque nous sommes juste a coté. La voiture est garee le long d'une ancienne gare (maintenant un musee) qui se trouve sur une rive du fleuve.

 
The Yazoo & Mississippi Valley Railroad Co


 
ah ! Je ne voudrais pas rater ma prochaine connexion pour Yazoo !



Yazoo etait le nom d'une tribu indienne, qui a donné son nom a un territoire, un fleuve, un comté, et une ville dans le Mississippi, a deux cents miles au nord de Baton Rouge.

 
tchou tchou !
 
cours de pilotage de locomotive a vapeur



Bon alors le Mississippi, il est ou ?
Il est la, et pas tres beau. Baton Rouge, c'est beaucoup d'industrie !


 
le Mississippi a Baton Rouge


Il fait une chaleur intense, et nous n'attendons tous qu'une chose : retourner nous refugier dans la bonne clim' de la voiture. Mais M'man veut prendre une photo sur les gradins betonnés sur la rive du Mississippi, pour en avoir une similaire a celle de ma soeur quand elle etait venue a Baton Rouge en 2000. Peine perdue : ce n'etait pas le bon escalier. Il faudra qu'on y retourne alors... La photo originale est celle-la, sans doute prise au nouveau capitole.


 
un pied sur l'Alabama, un pied sur l'Illinois



Juste a coté de la gare reconvertie en musee se trouve un navire militaire datant de la deuxieme guerre mondiale, lui aussi reconverti en musee, l'USS Kidd. Nous ne visitons cependant aucun des deux.

 
l'USS Kidd sur le Mississippi a Baton Rouge


Apres avoir admiré tout ca nous retournons enfin nous refugier dans la Toyota, et roulons jusqu'au nouveau capitole, dont nous prenons une photo sans meme sortir de la voiture.

 
le nouveau capitole de Louisiane. Magnifique panneau stop en bas a gauche


La suite... au prochain numero.


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Publié par ZPP - dans trip Floride Louisiane
mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 16:00
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Apres une courte pause a l'hotel, nous nous remettons en marche pour aller manger un morceau. M'man a repéré une adresse dans un de ses guides, dans les environs de Poydras St. Cette rue est au-dela de Canal St, ce qui va nous obliger a sortir du French Quarter. Nous allons jusqu'a Royal St, nous approchons de Canal St. Nous y voila. Au-dela de ce boulevard, plus de French Quarter, nous ne nous sentirons plus chez nous, en France (puisque le French Quarter est tellement francais, vous vous souvenez ?).
Bon peut-etre je m'emporte un peu :-)
De l'autre cote de Canal St (un boulevard au trafic plutot intense) se trouve le CBD, Central Business District. Qui dit Business/Financial District dit gratte-ciel, d'ou l'article precedent. Nous continuons jusqu'a Poydras St. Pas de restau. Faisons le tour du building. Admirons Lafayette Square ou une scene est installée : concert a venir. Retour dans Poydras St. Il y a bien au restaurant au pied d'un hotel, mais il semble appartenir a la categorie "tres chic", ce qui ne nous convient pas vraiment pour un lunch rapide. Retour dans le French Quarter, ou nous mangeons finalement un sandwich dans un petit boui-boui ou malgré tous mes efforts je ne comprends pas le jargon de la grosse caissiere (et c'est reciproque). Meme C2 a des difficultes, c'est dire !
Une fois rassasiés nous retournons sur la rive du Mississippi, au quai du Natchez, puisque notre occupation de l'apres-midi c'est de le prendre pour aller faire une petite croisiere sur le Mississippi. Le bateau fait deux ou trois excursions par jour, certaines incluant la possibilite de manger a bord, mais les tarifs peu raisonnables font que nous nous contentons de l'option de base, a tout de meme $24.5 par adulte. Comme d'habitude aux US, avant de monter a bord il y a un goulot d'etranglement dans la queue, dû a un stand ou les gens peuvent se faire prendre en photo a cote d'une fausse barre a roue, en prenant des pauses de capitaine au long cours. Tres peu pour nous.
Pour ceux qui seraient interessés par la croisiere, c'est une bonne idee, mais je vous conseille neanmoins de vous munir de boules Quies. Non pas que le moteur a vapeur soit bruyant. Ni que les commentaires de la guide a bord soient ininteressants, au contraire. Non, ce qui necessite des boules Quies, c'est le 'concert' donné avant l'embarquement, par une charmante dame jouant sur l'espece d'orgue a sifflets installé sur le toit du Natchez. Permettez-moi de vous dire que la qualité musicale de cet instrument est proche du neant : bruit strident, sifflements insupportables, et par dessus-tout... accordage inexistant. Si si si. Attrapez une guitare, desaccordez-la abondamment, et entamez un morceau de Bach. Vous aurez (a peine) l'idee de ce que nous devons subir pendant cette audition. Ce n'est pas de la musique, c'est du bruit (c'est rigolo d'ordinaire j'entends ca a propos de la musique que j'ecoute sur mon iPod).
Apres tout ce baratin vous attendez peut-etre enfin des photos ? C'est vrai, vous l'avez bien merité.

 
l'orgue a sifflets en action


En attendant qu'on largue les amarres, je vais fureter dans la salle des machines a l'arriere du bateau, qui est ouverte pour les curieux, avec des panneaux explicatifs. Passionnant, passionnant.

 
superbe, n'est-ce pas ?



Ah ca y est on se met en route. L'imposante roue a aubes se met a battre la cadence avec frenesie.

 
evidemment une video aurait ete plus impressionnante qu'une photo


 
le depart se fait devant la Jackson Brewery


La premiere moitié de la croisiere se fait vers l'est, en descendant le Mississippi : le retour prendra plus de temps que l'aller. A bord, notre guide parle beaucoup mais je n'ai pas retenu grand chose. Des qu'on a fini de depasser le French Quarter, les rives du Mississippi ne sont pas tres excitantes. C'est surtout de la grosse industrie, ou encore mieux, de la friche industrielle. Que c'est beau !

 
YOU ARE BEAUTIFUL


 
oh.. il manque des murs, un toit, etc


 
Domino Sugar


Sur la photo ci-dessus vous pouvez voir une usine de Domino Sugar, qui comme son nom l'indique fabrique du sucre. J'ai oublié les commentaires de notre guide, mais la Louisiane produit une proportion faramineuse du sucre americain.
La rive gauche du Mississippi est celle qui est recouverte d'industries presentes ou passees, la rive droite est moins encombree. On ne voit cependant pas grand chose, a part des toits de maisons : Algiers se cache derriere ses digues. Cette localite (dont le nom est la traduction anglaise d'Alger) etait une ville independante avant de devenir un ward (arrondissement) de New Orleans en 1870. D'apres wikipedia elle aurait echappé a l'inondation pendant le passage de Katrina. Bien vu donc les digues, meme si on apercoit par endroit des debris d'anciennes generations de digues.
Nous continuons notre chemin en direction de l'ocean, que nous n'atteindrons bien entendu pas. Il y a des bateaux gigantesques qui circulent sur le Mississippi, je ne pensais pas qu'on pouvait naviguer sur des fleuves avec des porte-conteneurs aussi gros.

 
au dechargement


 
en route



Apres euh... je ne sais plus tres bien, disons 45mn de sens aval, nous faisons demi-tour pour remonter le courant vers le French Quarter. Nous revassons sur le Natchez en nous laissant bercer par les douces trepidations du moteur a vapeur et de la roue a aubes. Je vais fureter a nouveau un peu sur le bateau : les deux chaudieres (boiler en anglais) du bateau s'appellent Thelma & Louise. Ca me rappelle le surnom que j'avais donne a ma S3 : la Jamais Contente !
 
Thelma et Louise : ca va faire BOUM !


 
un concurrent ! On fait la course ?



La photo ci-dessus nous rappelle que le Natchez ne peut helas pas pretendre etre le dernier bateau a vapeur ou a roue a aubes sur le Mississippi. A vrai dire j'ai été etonné en lisant les panneaux explicatifs dans sa salle des machines : il n'y pas vraiment de 'the most, the oldest, the biggest' a propos du Natchez. Pourtant ils ont du chercher ! Deception.
Nous revenons jusqu'a notre quai de depart que nous depassons pour continuer un peu, ce qui nous fait longer le Business District et nous offre une vue magnifique sur les gratte-ciel de New Orleans.

 
New Orleans skyline



Enfin nous arrivons a proximite du Crescent City Connection, les deux ponts massifs qui relient les deux rives de New Orleans. Nous faisons demi-tour et retournons debarquer a notre quai, mais nous devons malheureusement subir pendant la manoeuvre un autre concert impromptu de l'abominable orgue qui trone sur le Natchez. La croisiere, oui, les concerts, non !
Contents de notre petit tour sur le Mississippi mais fatigués par notre journee de crapahutage, nous decidons de rentrer a l'hotel pour glandouiller un peu, avec pour unique mission en chemin de trouver et d'acheter des timbres pour nos cartes postales pour la France. Commence alors pour nous une nouvelle quete ahurissante, ou nous allons d'indications en indications au bon gré des passants qui veulent bien nous renseigner, pour tenter diverses echoppes, certaines a court de timbres alors qu'elles presentent un ecriteau "Royal Post" (mais alors c'est pas la Poste ici !), d'autres acceptant de nous les ceder pour $1.05 ou $1.10 (alors que la valeur faciale est de $0.98) - ce que nous refusons, la tete haute. Ainsi, a notre grand etonnement et malgre toutes nos tentatives, pas moyen de trouver des timbres a un prix standard.
Apres une petite verification a l'hotel, la raison est simple : il n'y a PAS de bureau de poste officiel dans le French Quarter ! Vous pouvez verifier ici. Je ne sais pas d'ou vient cette bizarrerie, mais c'est un point a retenir si vous voulez venir faire le touriste dans ce quartier de New Orleans et que vous etes trop radins pour payer vos timbres 10 ou 15 cents de plus .
Moment de detente avant de repartir diner. Tres bonne idee ca l'hotel avec piscine ! M'man nage un peu. Pas bonne idee ca d'oublier son maillot de bain : je ne peux pas me baigner, du coup je me contente de siroter une Heineken sur un transat en revassant.
Puis nous nous remettons en route pour traverser, pour la xieme fois de la journee, le French Quarter pour aller manger au Cafe Maspero, a deux pas de l'embarcadere du Natchez, a l'angle entre Decatur St et Toulouse St (ohhh... petite touche francaise !). C2 et M'man continuent a gouter les plats du coin en prenant du jambalaya, une mixture a base de riz et viande et saucisse. J'essaie un autre plat qui semble se trouver dans la categorie 'locale' egalement, et quand C2 demande a la serveuse si mon plat n'est pas trop epicé, elle lui repond qu'aucun de leurs plats n'est veritablement epicé "so that tourists can handle it" [pour que les touristes supportent]. Hi hi hi. Je trouve ca tres rigolo mais ca m'arrange bien.
En tout cas, plat affadi ou pas, nous nous regalons, et aveuglé par le fait que j'ai été traité comme un touriste - presque - a mon insu, je decerne un bon point au Cafe Maspero : allez-y, it's soooo nice !
La ou je ne decernerai pas un bon point, c'est qu'apres le Cafe Maspero, nous faisons une tentative pour aller prendre un café au "Cafe du Monde", un endroit vanté par tous les guides touristiques sur Nouvelle Orleans et a la terrasse toujours bondée. On se demande encore pourquoi... nous allons nous asseoir, et pouvons observer des serveurs aller et venir, prendre des commandes, les servir, une cinquaine d'autres serveurs faire une pause clope a dix metres de nous, en regarder une carrement assise sur une chaise en train de lire un livre, tant et si bien qu'apres dix minutes, comme personne n'est venu prendre notre commande, nous repartons. Un mauvais point donc pour le Cafe du Monde, et meme leur site Internet emploie un ton de fate commiseration que je deteste. Allez plutot a la Boucherie, on y est bien mieux.
Un peu depités et vaincus par la fatigue nous rentrons a l'hotel, pour nous reposer de notre longue journee et etre en forme pour la journee suivante, ou nous allons reprendre la voiture : chic ! Ce n'est donc encore pas pour ce soir que nous irons faire les fous dans Bourbon St, et "laisse[r] les bons temps rouler" (sic) comme, parait-il, disent les locaux, citation que l'on peut voir clignoter en neons de toutes les couleurs sur Bourbon St, entre une pub pour une biere a $2 et une affiche de femme a poil.
Bonne nuit !




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mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 13:00

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mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 12:00
article precedent 12/21


Avant de commencer cet article, j'aimerais repondre rapidement aux commentaires vehements (exprimés ou non sur ce blog) auxquels j'ai eu droit dans le precedent article : n'ayant habité ni a Paris ni dans les Vosges, non, je ne connais pas la place des Vosges a Paris. Tout au plus connais-je la gare de Lyon a Paris, la route de Grenoble a Nice, et la rue de Strasbourg a Grenoble.
Bien. Ou en etions-nous ? Ah oui. Pendant que M'man et C2 font leurs emplettes au marche francais, je prends le soleil, enfin disons que je cuis comme une ecrevisse, sous un soleil de plomb. La matinee touche a sa fin, et nous allons reprendre le chemin de l'hotel avant d'attaquer le programme de l'apres-midi. Sur notre route de retour, je mitraille a tout va.
 
tres beaux volets


 
a vendre... vendu !


 
un peu moins folichon, mais c'est toujours New Orleans


 
sans trop vouloir m'avancer, cela doit etre a l'intersection de Royal St et Barracks St


Pour rappel, Barrack en anglais ne signifie pas Obama, mais caserne. Peut-etre la rue d'anciennes casernes francaises ou espagnoles alors ?


 
encore de la bonne briquette


Comme sur la photo ci-dessus, un nombre important de maisons dans le quartier francais sont fermees, ou a vendre, ou fraichement vendues. Katrina est venue jeter un froid sur le marché immobilier de Nouvelle-Orleans. Je ne suis pas sûr personnellement que je viendrais m'installer dans une ville construite sous le niveau du fleuve et du lac qui l'entourent. Vous feriez quoi vous ?

 
un balcon inoffensif


Il est temps de vous familiariser avec une charmante coutume du Mardi-Gras de New Orleans. Lorsque la fete bat son plein, la nuit tombée, quand le carnaval a fini d'etre une parade de chars fleuris pour devenir une beuverie a ciel ouvert, ces balcons se garnissent d'une foule hysterique, hommes et femmes, qui lancent des colliers de perles (en plastique, fabriqués en Chine) aux demoiselles qui accepteront d'exhiber leurs boobies depuis la rue. Comment je le sais ? Pour deux raisons : je l'ai vu a la tele (et toc !), et j'ai assisté de visu a cette "coutume" au Kentucky Derby en 2001.

 
ah tout de suite on les voit autrement ces balcons !


 
Cornstalk Fence hotel


 
Calle Real me rappelle de vagues souvenirs de Madrid, mais peut-etre que je me trompe


 
pardon, dans la liste 'a vendre/vendu/etc', j'avais oublie 'a louer' !


 
un batiment en piteux etat, comme je les affectionne



Admirez le panneau suivant, en francais (?) dans le texte.

 
Ma Sherie d'Amour


On ne peut exclure qu'il y ait un jeu de mots qui m'echappe totalement dans le nom de ce magasin. Je propose une tentative de traduction : My Deer Love. Hi hi hi.
Peu avant d'arriver a notre hotel, une surprise :
 
Grenoble House


Il faut reconnaitre que pour un hotel dans la rue Dauphine, le nom est plutot bien choisi. Comme on pourrait s'en douter pour un hotel americain, leur site internet est dithyrambique. Seul bemol : l'hotel semble fermé .

Nous faisons une courte pause a notre propre hotel, avant de repartir en quete de notre dejeuner.


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Publié par ZPP - dans trip Floride Louisiane
mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 09:00

article precedent 11/21


Mercredi matin, 8h30, nous sommes d'attaque pour nous lancer dans la visite de Nouvelle-Orleans, enfin du quartier francais (ou vieux carré) pour etre plus precis. Tout comme il est courant de dire "je vais faire du tourisme a New York" alors qu'on ne va rester que dans Manhattan (un des cinq boroughs qui constituent New York), New Orleans est une ville plutot gigantesque, et pour une seule journee de tourisme, nous sortirons a peine du French Quarter.
La ville, dont la superficie terrestre est de 467 km2, est divisee en treize districts subdivisés en 72 neighborhoods, dont fait partie le French Quarter. Hum, en avant donc pour une visite d'un soixante-douzieme de Nouvelle-Orleans :-)
 

notre chambre d'hotel, au-dessus des toits du French Quarter. Charming !


 
la piscine de l'hotel




Pour le petit-dejeuner, direction... la Boucherie ! Mais ? Que se passe-t-il ? Serions-nous dans le Quartier Allemand, avec saucisses-wurtz et bretzel pour entamer la journee ? Mais non, c'est juste que, comme nous allons le constater, Nouvelle-Orleans a une reputation 'francaise' qui se revele etre le vernis francais habituel aux US : quelques mots francais, mal orthographiés, mal utilisés, jetés ca et la, et hop, ca vous fait une ambiance francaise. Nous n'avons rencontré personne capable de parler en francais (avons-nous cherché, de toute facon ?) a Nouvelle-Orleans.
La Boucherie, donc, est le nom particulierement bien choisi, d'un petit cafe vendant des patisseries.

 

le menu boissons de La Boucherie


Les tarifs tiennent plus du detroussage de touristes que d'une petite patisserie du coin de la rue, mais les croissants et tartelettes ont plutot bon gout alors on leur pardonne.

 
un petit ecriteau dans la Boucherie


"Be Nice or Leave" (soyez sympas ou partez) : le Boucher n'est pas de caractere commode semble-t-il. L'estomac lesté, nous pouvons aborder sereinement notre cavale dans les rues de Nouvelle-Orleans.
Si vous etes curieux de l'histoire de cette ville, et que vous n'avez pas un bon guide sous la main, je vous invite a consulter, si vous lui faites confiance, la page de mon ami wikipedia sur ce sujet. Retenons simplement que la ville fut fondee par des francais en 1718, et qu'elle ne couvrait au depart que ce qui s'appelle toujours le quartier francais, ou vieux carré, avec sa belle organisation en damier et rues perpendiculaires dans un meandre du Mississippi. Pour revenir rapidement sur les inondations de 2005, wikipedia propose un croquis interessant, une coupe de la ville entre le Mississippi et le lac Pontchartrain, qui montre une superbe cuvette ne demandant qu'a etre remplie de flotte.


 
rue typique du Quartier Francais : immeubles a un etage, balcons, rue etroite a sens unique


 
zero faute -> un bon point



Nos pas nous menent jusqu'a la grande place "Jackson Square", a deux pas du Mississippi. Cette place dont le nom a l'origine etait "Place d'Armes", en changea en 1815 en l'honneur d'Andrew Jackson (futur president des US), vainqueur de la bataille de New Orleans contre les vilains britons.


 
Jackson Square


Apres cette place (inspiree d'apres mon ami wikipedia par la Place des Vosges, a Paris, que je ne connais evidement pas), nous allons admirer le Mississippi. La ville, telle qu'elle a ete fondee par les francais, est nee a l'exterieur d'un meandre du fleuve, d'ou son surnom "The crescent city" [crescent = croissant].


le Mississippi a Nouvelle-Orleans


Je ne sais pas de quand date la promenade du bord-de-fleuve, mais je suppose que comme dans toutes les grandes villes americaines, il s'agit d'un effort recent pour embellir la ville et redonner aux gens envie de se balader dans des coins sympathiques en centre-ville. Donc, l'endroit est parfait pour jogger, promener son chien, ou venir gratter sa guitare dans l'espoir de grapiller quelques quarters aux touristes. Il y a aussi une ligne de tram le long du fleuve a cet endroit. Si vous avez la patience de lire un peu wikipedia, vous aurez la joie de decouvrir un "the most/the oldest/the machin-chosest" a propos des tramways de New-Orleans. Ha ha ha !

 
 



Pas tres loin de nous se trouve le Natchez, un superbe bateau a roue a aubes et a vapeur, a bord duquel nous allons faire une petite croisiere sur le Mississippi cet apres-midi. Nous verrons ca dans un autre article.

 
le Natchez a quai


Apres avoir humé l'air fluvial nous continuons notre marche dans les rues colorees du quartier francais. Nous croisons de nombreux balcons aux ferronneries complexes et couverts de fleurs, parfois a l'exces.


un balcon sobrement fleuri


Comme la ville a connu plusieurs nationalités durant son histoire, on peut voir des references a plusieurs langues et pays d'Europe en se baladant. Par exemple l'espagnol :


 
'calle' c'est la rue en espagnol (je crois)


ou le francais :
 
Decatur St/Rue de la Levée


Pour les nostalgiques de la briquette, pas d'inquietude, on est bien aux US, comme on peut le constater par exemple a l'angle entre Decatur St et Ursulines Avenue.

 
de la bonne briquette


Non loin de ce carrefour se dresse le "French Market", qui n'a de francais que le nom, puisqu'on y trouve, en dehors de la section "fruits & legumes", principalement des indiens (d'Inde) vendant des tee-shirts fabriqués en Chine portant des slogans flatteurs, humoristes, ou peu intelligents, sur Nouvelle-Orleans. J'attends avec impatience la photo de mes nombreux nieces-neveux-cousin avec ces tee-shirts .


 
the French Market in New Orleans


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mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 18:00

article precedent 10/21

 

 

 

J'ai commis une terrible erreur en redigeant l'article precedent : j'ai oublie d'y inclure deux photos prises en route. On va dire que c'est parce que l'article precedent devait se concentrer sur les jardins Bellingrath, et que ce present article va etre du type barbant "road-trip".
Qu'ai -je raté ? D'abord les indications de direction de l'I-10.

 

en rejoignant l'I-10 en partant de Mobile

 

 

 

J'adore ces noms. Pensacola... Pascagoula... ca fait vraiment Provence non ? Mon ami wikipedia m'indique que Pascagoula serait le nom d'une tribu indienne qui vivait, eh bien, pres d'un fleuve appelé maintenant Pascagoula River. La tribu aurait disparu lors d'un episode guerrier contre la tribu Biloxi.
Deuxieme photo manquante :

 

Pascagoula, ou Montgomery ?

 

 

Vous voyez, les US ca n'est pas si grand. On ne peut pas faire dix miles sans croiser une interstate menant a une ville que nous avons deja visitée ensemble. Montgomery, ca ne vous dit rien ? Allons allons... vous n'avez pas lu avec assez d'attention les quarante articles de mon road-trip "Dixie". Montgomery, c'est la capitale d'Alabama, que j'avais arpentée le jour de Noel.
Fin du flash-back. Il est cinq heures de l'apres-midi. Une chaleur ecrasante nous a assommés pendant notre visite des jardins Bellingrath, qui vient de prendre fin. Nous nous refugions dans la douce clim de notre Toyota Highlander, et nous appretons a 'frapper la route' (hit the road) pour franchir les cent vingt miles qui nous separent de New Orleans, trajet que vous pouvez suivre sur la carte.
Au depart des jardins, plutot que retourner au plus court a l'interstate, nous preferons faire un petit detour et suivre des petites routes dans l'Alabama. Au lieu de tourner a droite sur Bellingrath Rd pour rouler vers l'I-10 au nord, nous tournons a gauche pour rejoindre vers le sud la route 188, qui se dirige ensuite vers l'ouest, vers l'I-10. D'ordinaire mon ami wikipedia est tres fort pour ca, mais il n'y a pas d'article sur la state-road 188 de l'Alabama. Dommage !
 

 

fin d'apres-midi dans la campagne de l'Alabama

 

Nous faisons un petit stop dans un CVS pour nous approvisionner en eau et precieux biscuits au chocolat, a Bayou la Batre.

 

 

 

 

 

 

 

Comme il faut bien que ce petit village de moins de 3000 habitants se forge une reputation d'envergure sinon internationale au moins nationale, il a été surnommé (par les locaux) "Seafood Capital of Alabama". Ah tiens, j'allais faire une blague en disant que c'est comme si Vinay se proclamait la "capitale francaise de la noix", mais que ne lis-je point sur wikipedia : Vinay abriterait la plus grande usine de noix d'Europe (c'est en gras aussi sur wikipedia, source non verifiée). Je m'incline, et arrete ici mes blagues moqueuses.
En tout cas desolé, mais nous ne mangeons pas de seafood a Bayou la Batre. D'apres wikipedia le nom serait d'origine francais, venant du fait qu'une batterie d'artillerie francaise se trouvait la au dix-huitieme siecle, avant la fondation de la colonie sur ce bayou, d'ou le nom "Bayou de la Batterie", devenu "Bayou la Batre".
Apres ce petit detour champetre, nous rattrapons l'I-10 a Grand Bay, a l'exit 4, ce qui signifie... allons, je vous l'ai deja expliqué ! Oui, que nous sommes a quatre miles de la frontiere avec l'etat suivant sur l'I-10, le Mississippi.

 

welcome to Mississippi !

 

 


Nous sommes maintenant sur des rails, c'est tout droit jusqu'a Nouvelle-Orleans.

 

 

 

tchou tchou ! Probablement en traversant les bayous de la Pascagoula River

 

 

 

Nous roulons tranquillement. Les sorties se succedent : Pascagoula, Ocean Springs, Biloxi & d'Iberville, Gulfport, Bay St Louis & Picayune. D'apres wikipedia (qui sait tout) le nom Picayune viendrait bien d'un mot provencal (voir ici).

 

 

en doublant une maison sur roues

 

 

 

sur la Jourdan River

 

 


Et voila, nous avons roulé sur les soixante-quinze miles de l'I-10 qui traversent le Mississippi, la Louisiane est en vue.

 

 

 

 

Welcome to Louisiana/Bienvenue en Louisiane

 

 

Enfin ! Nous sommes en Louisiane. Ce qui me permet d'ajouter un etat de plus a ma liste, hi hi hi. Quelques miles apres la frontiere, l'I-10 arrive a un echangeur avec l'I-12 et l'I-59. L'I-12 est nouvelle pour moi, mais j'ai deja emprunté une courte section de l'I-59, commune avec l'I-20, entre Cuba et Meridian. En tout cas, a cet echangeur, c'est l'I-12 qui continue vers l'ouest, tandis que l'I-10 bifurque au sud-ouest, pour traverser le lac Pontchartrain avant d'arriver dans la banlieue de New Orleans. Nous voila donc sur un pont de 9 km.

 

sur le lac Pontchartrain

 

 

 

 

le lac Pontchartrain

 

 

Sur la photo ci-dessus, vous pouvez apercevoir sur l'horizon, parallele a notre pont, un autre pont qui traverse le lac selon un axe nord-sud en plein milieu, a peu pres a l'endroit ou il est le plus large. En fait un double-pont, c'est le plus long pont (sur l'eau :-) ) du monde, avec une longueur de plus de 38 kilometres. A mon grand regret, nous n'irons pas le traverser... mais nous le verrons au decollage en partant en avion de New Orleans, chic !
 

 

toujours sur le lac Pontchartrain

 

 

 

Le lac Pontchartrain porte bien un nom francais, donné en 1699 par un explorateur francais en l'honneur d'un ministre francais de l'epoque, le comte de Pontchartrain. Enfin c'est wikipedia qui le dit...
Nous finissons par atteindre l'autre rive, et continuons sur l'I-10, en "survolant" du haut de notre highway les banlieues de la Nouvelle Orleans. C'est tout plat ici, pas etonnant que tout ait ete inondé par Katrina.

 
dans la banlieue de New Orleans


Nous quittons enfin l'I-10 a la sortie 235A, qui donne presque directement sur notre destination : le French Quarter.

 
mmm... J'espere que ca ne va pas ressembler que a ca


 
voila un panneau indicatif qui tombe a pic. Tournons vite a droite


Apres un premier passage en voiture devant notre hotel, je suis confronté a un probleme recurrent : ou me garer ? J'ai le choix entre tenter le stationnement dans la rue et devoir remettre des quarters toutes les deux heures, utiliser le Valet Parking de l'hotel a $35 par jour (gasp), ou trouver un autre parking. Mmm... j'etudierai la question plus tard, pour l'instant je me gare dans la rue. Nous etudions les petits pannonceaux ainsi que le parcmetre avec attention : le stationnement devrait etre gratuit jusqu'au lendemain 8 heures. Parfait.
Nous allons poser nos valises a l'hotel ou, comme d'habitude, les couloirs sont des sortes de boyaux refrigérés necessitant une epaisse doudoune pour eviter de crever de froid entre l'ascenseur et les chambres. Apres cela nous allons nous faire une premiere impression du French Quarter !
C'est "vivant" :-) Bruyant... Plein de touristes. Des marchands ambulants de boissons. Des flics, certains a cheval. La rue ou regne le plus de folie est Bourbon St, fermée a la circulation le soir. Mais nous y reviendrons.

 
Bourbon St dans le French Quarter a New Orleans



Pas de folie dans Bourbon St pour nous cependant ce soir, nous allons juste manger un bout, au Acme Oyster House. Au menu de ce soir pour nos estomacs : oysters (huitres), crawfish (ecrevisses), gumbo (sorte de ragout/soupe) et bread-pudding. Miam miam !

 
la grosse bete qui va manger la petite




Apres le restau nous rentrons a l'hotel car nous sommes fatigués apres la journee sur la route. Mais il reste encore un episode grandiose a vous raconter avant de clore cet article. Je vous donne quand meme l'autorisation de sauter directement au prochain article si vous en avez marre :-)
En allant au restaurant nous avons etudié les prix des differents parkings, et je decide de ne pas rester garé dehors, car on ne pourra pas revenir regulierement nourrir le parcmetre. Mais je ne veux pas non plus payer les $35 réclamés par l'hotel, j'irai donc dans un autre parking, pas loin de l'hotel. M'man et C2 retournent a leurs chambres, tandis que je vais a la voiture pour aller la garer. J'ai entendu tellement de rumeurs inquietantes sur Nouvelle-Orleans, comme quoi il ne faut pas trop trainer en dehors du French Quarter, que la rue peripherique ou je me suis garé, toute sombre, ne m'inspire guere confiance. Je marche rapidement jusqu'a la voiture, saute dedans, verrouille les portes, non sans avoir recupéré, coincée sous mon essuie-glace... une petite enveloppe orange. Tiens tiens tiens.
Immediatement, je fulmine ! J'ouvre mon enveloppe surprise :  il s'agit d'une amende de $20, pour cause de non-paiement de parcmetre. Grrr. Je regarde un peu les details de l'amende. Location : 300 Burgundy St, c'est bien ma rue (note au passage : Burgundy ca veut dire Bourgogne en anglais). Vehicle Make : TOYT. Ah ben oui j'ai une Toyota. Date : 26 mai. Oui oui. Time issued : 05:05 PM. Ahhh ! Je m'insurge je fulmine je tape du poing ! Quel policier malhonnete ! L'amende a ete antidatée ! A 17h05 on etait encore sur la route a des dizaines de miles de Nouvelle-Orleans ! Mais que faire... je suis un touriste demuni, qui ne pourra pas aller au tribunal contester l'amende le jour de la convocation (16 juin). Quel accueil...
Depité, je vais quand meme me garer dans mon parking, valet lui aussi (ca veut dire que je laisse la voiture a l'entree et qu'un mec va la garer pour moi) a $24 la nuit, et je rentre a l'hotel. Je vais exposer la situation a M'man, qui dans sa grande sagesse etudie l'amende avec soin et me dit que je suis un imbecile, ce qui est vrai. Il y a des indices qui ne trompent pas, le premier etant que l'immatriculation sur l'amende parle d'une plaque de Lousiane, or notre voiture de loc est immatriculee en Floride. Ohhh... ensuite la couleur n'est pas la bonne. Et la Plate Number (plaque d'immatriculation) ne correspond tout simplement pas a notre voiture (ca je ne peux pas le verifier sur le moment cependant).
Ohhh.... alors pas de policier malhonnete ? Mon coup de sang c'etait juste parce qu'un petit idiot a pris l'amende sur une autre voiture, et l'a mise sur la notre ? Beuh....

Bilan kilometrique : seulement 235 petits miles (378 km) aujourd'hui, mais une longue journee. Dodo !



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Publié par ZPP - dans trip Floride Louisiane
mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 14:00
article precedent 9/21


Au depart de Mobile, mon planning prevoyait de rejoindre l'I-10 et de la suivre sagement sur 140 miles jusqu'a New Orleans (comme vous pouvez le constater sur la carte). Au lieu de ca nous en sortons apres une dizaine de miles pour nous retrouver sur Bellingrath Rd, qui mene, comme on pouvait logiquement s'y attendre, aux Bellingrath Gardens, les jardins Bellingrath.


 
en direction des jardins Bellingrath dans la campagne d'Alabama


Que sont les jardins Bellingrath ? Eh bien vous vous souvenez tous, certainement, des jardins Butchart a Victoria, ou encore de Biltmore Estate en Caroline du Nord ? Si j'ajoute la question habituelle "savez-vous ce que je pense de payer pour visiter la propriété de gens deja riches ?", vous devinez n'est-ce pas ? Eh bien oui, les jardins et la maison Bellingrath sont l'ancienne propriété du couple Bellingrath, dont le mari commenca sa fortune a Mobile au debut du vingtieme siecle en achetant une franchise pour distribuer du Coca-Cola.
Apres avoir parcouru un peu le site des jardins, je suis dans l'obligation de moderer mes commentaires moqueurs, puisque la propriété est aujourd'hui une fondation dont les profits sont reversés a des eglises et des 'colleges' (etablissements d'enseignement superieur). Faisons leur donc confiance.
Revenons a nos moutons. Nous voila devant la caisse enregistreuse des jardins Bellingrath. Plusieurs options sont disponibles, selon que l'on veut uniquement visiter les jardins ($11), profiter en sus d'une balade sur la riviere ($19), ou profiter de la "totale", avec en plus visite de la maison ($27). $11 juste pour les jardins ca sera bien suffisant, d'autant plus que tout ferme a cinq heures, et l'apres-midi est deja bien entamée. Allons admirer les jolies fleurs, le joli gazon, et d'autres surprises.
La propriété se trouve sur une rive de la Fowl River, une petite riviere, enfin techniquement c'est un fleuve, dont (me chuchote mon ami wikipedia) le nom actuel viendrait du nom francais Riviere aux Poules, fowl signifiant volaille. A ne pas confondre avec fool, qui veut dire idiot, imbecile, meme si dans le fond il n'y a pas grande difference. Coooooot cot codet !
Il fait tres chaud, et toutes les zones d'ombre sont les bienvenues, mais nous commencons par visiter une serre...

 
un lezard se cache sur cette photo, saurez-vous le retrouver ? (cliquez pour la solution)


 
"Brick Patio". Voila un nom pour le moins adequat



 
en longeant Great Lawn, la "grande pelouse"


 
Fountain Plaza



C'est non loin de cette fontaine que nous faisons notre premiere rencontre surprise : un serpent. Je n'ai pas pu determiner si c'etait un boa constrictor ou un anaconda, mais vous voyez le genre.

 
bouh ! Le monstre



Pour verifier s'il s'agit ou non d'une farce & attrape en plastique, votre valeureux reporter a titillé le reptile, qui a réagi en bougeant mollement son long corps : la chose etait bien vivante ! Ne nous attardons donc pas dans cette zone dangereuse.


 
la maison Bellingrath


La maison Bellingrath, nettement moins imposante que le chateau Biltmore, a tout de meme bonne allure. D'apres le site internet, c'est une maison de 15 pieces et 1000 metres carres, ce qui en ferait une demeure charmante sur la cote d'Azur, hi hi hi. Seul probleme : la piscine manque a l'appel, et meme si la riviere aux Poupoules est toute proche avec un ponton privé, sa couleur ne me donne pas envie d'y faire trempette.
Comme nous n'avons pas payé la somme adequate, pas de visite de la maison. Nous en faisons le tour, et apres avoir admiré sa terrasse est, sa terrasse nord, sa terrasse sud, nous nous dirigeons vers une attraction interessante : l'Ecological Boardwalk. C'est une promenade en bois construite sur un bout de bayou, avec des panneaux a haute teneur informative regulierement disposés. Pour maintenir l'interet des visiteurs, jeunes et moins jeunes, une feuille avec un questionnaire imprimé dessus est a disposition au debut de la promenade. Les reponses aux questions se trouvent sur les differents panneaux. J'aurais bien voulu suivre la piste aux indices, mais la chaleur et l'humidité poussent ma temperature corporelle vers des niveaux dangereux, et je parcours le Boardwalk sans m'arreter pour aller me refugier a l'ombre de sa tour d'observation. Il fait chaud !!

 
sur le bayou


Vous attendez sans doute des renseignements sur les bayous ? Eh bien dictionnaire et wikipedia sont d'accord pour dire qu'il s'agit (terme utilisé principalement en Louisiane) d'une "etendue d'eau peu profonde, stagnante ou a faible courant, constituée soit par un bras secondaire du Mississippi ou d'un autre fleuve important, soit par un lac etabli dans un meandre abandonné". Hum, hum hum. Eau stagnante... chaleur... bonjour les moustiques ! Enfin, je ne crains rien, C2 est la, elle a la preference des moustiques !
Apres cette balade educative, nous commencons la route du retour vers la voiture, sur la terre ferme. Les jardins sont parfaitement entretenus, pas une seule herbe qui depasse. Nous longeons le Mirror Lake, dans lequel nous apercevons des tortues.

 
Mirror Lake


Pour traverser le lac on emprunte le "Rustic Bridge", defendu par un feroce lion, que j'ai neanmoins pu dompter, pour deux raisons : d'abord parce que je suis francais, et que les francais n'ont peur de rien. Et ensuite parce que je suis du signe astrologique Lion, j'ai donc une affinité particuliere avec ces felins.


la clownerie du jour



Alors que nous continuons notre marche harassante de retour, j'entends soudain un cri epouvantable derriere moi. Une nouvelle victime du lion-garde ? Non, mais C2 vient d'apercevoir un nouveau serpent. Decidement ce sont des farceurs ces serpents !


 
ksssss.... ksssss.....


Celui-la je ne vais pas le tripoter et nous deguerpissons sans tarder.
Comme dans tout jardin americain (et canadien !) qui se respecte, il y a la zone "jardin asiatique". Disons-le tout net : celui-la est decevant. D'ailleurs il porte le nom sobre de "Oriental-American Garden". Oriental par son inspiration, americain par sa realisation : du toc. L'entrée dans cette partie du jardin se fait en passant sous une porte aux vagues inspirations japonaises, realisée en metal et peinte en rouge. Ca manque d'exquisité. Mais ne boudons pas une superbe pelouse supplementaire.

 
the Oriental-American Garden @ Bellingrath


Avant de terminer cette visite, une plaque incrustée dans le sol attire mon oeil. En voici une photo.
 
merci, Exxon !


Je traduis : "dans le but d'aider les handicapés, le pavage en dur des chemins du jardin et la construction de rampes pour chaises roulantes ont été rendus possible par une subvention d'Exxon".
Pour finir je vais deguster une enorme glace au magasin de souvenirs, avant de reprendre la voiture pour - enfin - aller a Nouvelle-Orleans.


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Publié par ZPP - dans trip Floride Louisiane