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samedi 10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 15:00

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Ce que l'on m'a dit des hotels péruviens est donc vrai : il y fait froid la nuit. D'un autre coté a 3400 metres d'altitude il ne faut pas s'attendre aux grandes chaleurs. Recommandation ferme : penser a reclamer un chauffage d'appoint, et/ou entasser les couvertures pour lutter contre le froid. Par contre rien n'aurait pu neutraliser le seul désagrément de notre premiere nuit a Cusco : quoi donc, sur cette planete, peut lutter contre la voix puissante d'une touriste américaine ? Sauf, peut-etre, je l'admets, une touriste... russe !

C2 expérimente des fruits bizarres comme la grenadelle au petit-déjeuner puis nous retrouvons notre guide pour entamer nos visites de la journée. Nous allons explorer plusieurs sites archeologiques autour de Cusco grace a notre "boleto turistico del cusco" - boleto = billet en espagnol - qui donne acces a 14 sites pour 130 soles (~39$). Des le depart de notre hotel nous mitraillons en tous sens avec nos iPhones et autre appareil-photo, et je vais tacher de faire le tri dans ces innombrables photos et panoramas.

en route pour nos visites. Sur la colline un site que nous visiterons, en arriere-plan la ville de Cusco
en route pour nos visites. Sur la colline un site que nous visiterons, en arriere-plan la ville de Cusco

en route pour nos visites. Sur la colline un site que nous visiterons, en arriere-plan la ville de Cusco

Le premier site de notre programme s'appelle Tambomachay. A neuf heures du matin il est encore assez désert et nous marchons au calme - et au soleil qui tape fort. Notre guide parle beaucoup, ce qui est tres bien, mais entre la quantité d'information qu'elle débite, ce que j'en retiens, les nombreuses zones de doute non éclaircies par les archeologues et historiens, et ce que je peux glaner sur internet apres coup, je ne sais plus trop quoi penser ou dire. Voici donc une annonce valable pour toute la série d'articles de ce voyage : je vous presente ce que j'ai lu et entendu, et je ne m'aventure pas au-dela de ce qui semble faire consensus parmi la communauté scientifique. Vous pourrez en trouver plus (et son contraire en cherchant suffisamment...) sur internet. Bien.

Tambomachay est le site d'un temple, probablement lié au culte de l'eau, qui était visité une fois par an au début de la saison des pluies (octobre-novembre). L'édifice que nous pouvons admirer rassemble de nombreux éléments que nous retrouverons dans nos autres visites péruviennes :

  • trois niveaux de construction pour représenter les trois niveaux du monde dans les croyances incas :
    • le ciel avec pluie, soleil, etc
    • le niveau du sol, ou vivent les humains, coulent les rivieres, etc
    • le monde souterrain, le monde des morts
  • des murs réalisés en pierres taillées de plus en plus imposantes et travaillées au fur et a mesure que l'on se rapproche de l'endroit "sacré"
  • des niches pour abriter et exposer des momies
  • une grande maitrise de l'eau et de sa circulation par des canaux et des fontaines utilisant uniquement la gravité
chemin d'acces a Tambomachay, tres quiet

chemin d'acces a Tambomachay, tres quiet

le temple de l'eau (?) de Tambomachay

le temple de l'eau (?) de Tambomachay

des niches pour exposer des momies pendant les ceremonies

des niches pour exposer des momies pendant les ceremonies

Seule l'élite de la société inca prenait part aux cérémonies religieuses - voire uniquement les (le ?) pretres. Le reste du peuple était tout de meme associé a des festivités, dans d'autres lieux.

d'autres constructions a Tambomachay, portant les marques du temps

d'autres constructions a Tambomachay, portant les marques du temps

La photo ci-dessus résume bien ce que nous allons experimenter au Pérou, jusqu'a l'overdose : de la montagne, des terrasses, et des murs en pierre.

J'aurais bien inspecté les environs mais Silvia, notre guide, est deja repartie au pas de course. Bon. Je guette les étalages en train de se déplier sur le chemin pour redescendre. J'en conclus que ce site, malgré un air calme a 9h30 du matin, doit etre populaire dans la journée. Qui dit marchands dit... acheteurs !

en redescendant a Tambomachay

en redescendant a Tambomachay

oh, un camélidé !

oh, un camélidé !

Deux especes de camelidés sont domestiquées au Pérou, et je ne sais toujours pas vraiment les differencier... sauf si on en met deux individus cote a cote. On trouve evidemment les inévitables lamas (llamas en espagnol), qui étaient utilisés par les Incas surtout en tant que betes de charge. On trouve également les alpagas (alpacas en espagnol), tres similaires mais de plus petite taille, utilisés par les Incas pour leur laine et pour en faire... des steaks.

Alpaga, alpaga... En bon petit français acclimaté a la lecture grace la bibliotheque rose, et n'ayant que peu d'intéret pour les textiles de ce monde, alpaga jusqu'a présent n'évoquait pour moi qu'un des méchants dans Fantomette ! D'autre part, je me méfie des lamas depuis ma tendre enfance grace aux informations collectées dans l'album de Tintin Le Temple du Soleil, dans lequel le capitaine Haddock échange des crachats avec des lamas. D'apres notre guide toutefois, si les lamas (et les alpacas) crachent, ils réservent cette manoeuvre pour leurs congeneres. Il n'y a aucune raison de se faire cracher dessus par un lama en tant que touriste. Ouf...

Le site suivant s'appelle Q'enqo, ce qui veut dire labyrinthe en quechua (une langue parlée dans les Andes, utilisée par les Incas). On y trouve une roche qui avait un role astronomique pour les Incas. Les Incas dépensaient beaucoup d'énergie a construire de tels 'instruments' de mesure leur permettant de déterminer tres précisement les jours des solstices, pour savoir par exemple quand débutait la saison des pluies et organiser leur agriculture en conséquence.

a Q'enqo

a Q'enqo

C'est lorsque l'ombre du rocher (a droite sur la photo) se projetait au lever du soleil sur une entaille précise gravée dans la paroi derriere lui que les Incas confirmaient le jour du solstice. Ce rocher etait entouré d'un mur dont plusieurs niveaux de pierres taillées ont disparu.

vestiges de l'agencement des pierres pour former le mur

vestiges de l'agencement des pierres pour former le mur

cette pierre a bougé mais etait jointive de ses voisines a l'origine

cette pierre a bougé mais etait jointive de ses voisines a l'origine

L'appellation "labyrinthe" du site n'est pas d'origine inca. Elle lui fut donnée toutefois en raison du dédale de passages et de petites grottes naturelles ou creusées par les Incas sur place. On suppose que le site était utilisé comme lieu de momification, avec différentes "chambres" pour les différentes étapes de ce processus - par exemple au soleil pour l'étape de deshydratation, au frais pour la conservation. Oh, et des sacrifices humains s'y seraient aussi déroulés.

dans une grotte a Q'enqo

dans une grotte a Q'enqo

Le clou de nos visites en dehors de Cusco ce matin est le site de Saqsayhuaman (son orthographe est tres variable). Internet en general et wikipedia en particulier désignent le site comme une forteresse, mais notre guide insiste plus sur son role religieux. Les immenses murs construits ici soutiennent un étagement de terrasses, au sommet desquelles se trouvent les ruines de ce qui est considéré comme un ancien complexe sacré. Son acces est désormais interdit au public, mais on peut se balader entre les formidables "murailles", construites sans mortier, et dont les caractéristiques (inclinaison, tracé en zigzag) leur auraient permis de resister aux tremblements de terre depuis 500 ans.

en arrivant a Saqsayhuaman
en arrivant a Saqsayhuaman

en arrivant a Saqsayhuaman

les murs de Saqsayhuaman. Appreciez leur taille !
les murs de Saqsayhuaman. Appreciez leur taille !
les murs de Saqsayhuaman. Appreciez leur taille !

les murs de Saqsayhuaman. Appreciez leur taille !

Au pied des terrasses se trouve une immense place, utilisée pour tailler les pierres pendant la construction, et pour accueillir le peuple pendant ou apres des cérémonies religieuses. Voici la théorie de construction decrite par notre guide : les roches (en provenance de carrieres plus ou moins distantes) étaient sélectionnées et agencées a plat pour former l'ébauche d'un mur. Elles étaient taillées ainsi et l'avantage de "pré-construire" le mur a plat était de pouvoir déplacer les pierres horizontalement pour vérifier leur ajustement, au lieu d'avoir a les soulever. Une fois une section de mur complétée de cette façon les pierres étaient acheminées jusqu'a leurs emplacements finaux et empilées verticalement, comme un lego géant. Quel genie ! L'ensemble du site aurait été construit sur une période d'environ cent ans.

Notre guide nous liste aussi les trois principes incas de construction (les trois 'S' comme elle dit) :

  • simplicité
  • solidité
  • symétrie

Je n'aurais pas nécessairement qualifié leur approche de construction de "simple", a moins de se dire qu'ils utilisaient "simplement" des rochers pour leurs murs, sans autre matériau.

la grande place a Saqsayhuaman
la grande place a Saqsayhuaman

la grande place a Saqsayhuaman

toujours plus de photos des terrasses de Saqsayhuaman
toujours plus de photos des terrasses de Saqsayhuaman

toujours plus de photos des terrasses de Saqsayhuaman

Comment les Incas s'y prenaient-ils pour déplacer leurs blocs de pierre ? Ils construisaient et utilisaient des rampes pour accéder aux niveaux supérieurs des terrasses, sur lesquelles ils faisaient "rouler" les rochers sur des rondins de bois, ou sur des gros cailloux a peu pres sphériques lorsque le poids d'un rocher était trop grand pour la resistance du bois. Ils n'utilisaient pas la roue - je ne suis pas tres clair s'ils en avaient la connaissance. Diverses théories a ce sujet peuvent etre trouvées sur Internet, je vous laisse chercher dans google par vous-memes.

pierres de roulage incas

pierres de roulage incas

Voici un panorama pris au pied des terrasses, depuis la grande place de Saqsayhuaman. La matinée se termine et nous retournons a Cusco.

 

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Publié par ZPP - dans trip Perou